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December 15 2022 - PRESS RELEASE

  • Russian channels on Eutelsat: the decision of the French authority Arcom is insufficient

  • For the Denis Diderot Committee, Arcom must also require Eutelsat to strictly comply with European sanctions

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15 décembre 2022 - COMMUNIQUE DE PRESSE

  • Chaînes russes sur Eutelsat : la décision de l’Arcom est insuffisante

  • Pour le Comité Denis Diderot, l’Arcom doit aussi exiger d’Eutelsat le strict respect des sanctions européennes

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December 14, 2022 - An important victory: the French communication authority Arcom gives notice to Eutelsat to end the broadcasting of the three main Russian channels, Rossiya 1, Perviy Kanal and NTV.

 

The Arcom has just published the following press release:

"Arcom today gave Eutelsat formal notice to stop broadcasting three Russian channels, Rossiya 1, Perviy Kanal and NTV, whose programs devoted to the conflict in Ukraine contain repeated incitement to hatred and violence and numerous lack of honesty of information.

 

This decision follows a decision by the judge in chambers of the Council of State of December 9, 2022, which asked the Authority to re-examine the situation of these three channels in the light of additional elements that occurred during the investigation. It appeared that they were broadcast not only in Russia, but also in the Ukrainian territories annexed by Russia. Since, unlike Russia, Ukraine has signed and ratified the European Convention on Transfrontier Television, as has France, Arcom therefore has a legal basis to demand that Eutelsat cease the broadcasting of these channels."

Reporters Without Borders seized Arcom on September 8, 2022 on the basis of a report file prepared by the Denis Diderot Committee. "This decision is a victory in the fight against propaganda and a victory for the right to information. RSF will now be attentive to Eutelsat's proper application of this decision." said Christophe Deloire, Secretary General of RSF.

 

This decision is a great success for the Denis Diderot Committee. We have demonstrated, with the collaboration of RSF and its lawyers, that action by expert citizens can put an end to nine months of procrastination and inaction by politicians and administrations on a file whose strategic impact is nevertheless Extremely important. The channels concerned manufacture the adhesion of large parts of the Russian population to the aggression against Ukraine.

 

Our first letter to Arcom dates back to March 30.

But there is still a lot to be done: according to the guidelines of the European Commission, the decisions of the European Union on the channels Russia Today, Rossiya 24, RTR-Planeta, TC Centr also apply to the broadcasting to countries -thirds, so to Russia. And Eutelsat still broadcasts RT Arabic on three satellites to Europe, North Africa and the Middle East.

Acknowledgement

The Denis Diderot Committee thanks all those who have supported it in its action, and in particular

Thanks to Jim Phillipoff who was the first to point out that using Eutelsat was the Achilles' heel of Putin's propaganda. Thank you to the signatories of the petition, and in particular to the members of the National Council of Radio and Television of Ukraine, who established the legitimacy of our action. Thank you to the partners of the Stop Bloodcasting Coordination! who gave an even more European breath to our campaign.

 

Thanks to Julia Davis (Russian Media Monitoring), Francis Scarr (BBC Monitoring) and Elena Volonchine (France 24) whose translations of Russian broadcasts enabled us to establish the report file. Thanks to Christian Lyngemark (Lyngsat.com) and his network, whose work in observing satellite service plans is essential to establish with precision the collaboration of Eutelsat and SES with Russian propaganda channels. Thanks also to Ukrainian and Russian friends who helped us demonstrate that the two Russian platforms Trikolor and NTV Plus have been officially distributed in Crimea since 2014.

A special thank you to the Reporters Without Borders team who contacted us in June to offer us the essential legal and logistical support and to Mr Spinosi's office, who filed the referral with Arcom and convinced the judge of the State Council of authority jurisdiction.

Thanks also to the first political personalities who supported our action: Kasper Sand Kjær (Danish Social Democratic Party); Boris Vallaud, Valérie Rabault and the Socialists and Related Groups in the National Assembly; Andrus Ansip, Nathalie Loiseau and Raphaël Glucksmann and 36 other MEPs at the European Parliament; Vice-President of the European Commission Věra Jourová, Ministers of Culture Oleksander Tkachenko (Ukraine), Piret Hartman (Estonia), Simonas Karis (Lithuania), Nauris Puntulis (Latvia), Piotr Gliński (Poland).

Thank you also to all the journalists who reported on our action, often with sympathy.

Thank you to everyone who helped us by wishing to stay in the shadows.

This evening, I am thinking of Vera Ghyrytch, a Ukrainian journalist, killed in her apartment in Kiev, by a Russian precision missile, on April 29, 2022. I did not know her, but the gentleness and dignity of her gaze, of her smile , convinced me that it was necessary to lead this fight until victory.

Andre Lange

Coordinator of the Denis Diderot Committee.


14 décembre 2022 -  Une importante victoire : l'Arcom met en demeure Eutelsat de mettre fin à la diffusion des trois principales chaînes russes, Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV.

 

L'Arcom vient de publier le communiqué suivant :

"L’Arcom a mis en demeure ce jour Eutelsat de cesser la diffusion de trois chaînes russes, Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV, dont les programmes consacrés au conflit en Ukraine comportent des incitations répétées à la haine et à la violence et de nombreux manquements à l’honnêteté de l’information.

 

Cette décision fait suite à une décision du juge des référés du Conseil d’Etat du 9 décembre 2022, qui a demandé à l’Autorité de réexaminer la situation de ces trois chaînes à la lumière d’éléments complémentaires intervenus en cours d’instruction. Il est en effet apparu qu’elles étaient diffusées non seulement en Russie, mais également dans les territoires ukrainiens annexés par la Russie.

 

Dès lors qu’à la différence de la Russie, l’Ukraine a signé et ratifié la Convention européenne sur la télévision transfrontière, tout comme la France, l’Arcom dispose donc d’une base juridique pour exiger d’Eutelsat qu’il cesse la diffusion de ces chaînes."

Reporters sans frontières avait saisi l'Arcom le 8 septembre 2022 sur base d'un dossier de signalement préparé par le Comité Denis Diderot. "Cette décision est une victoire dans la lutte contre la propagande et une victoire pour le droit à l’information. RSF sera à présent attentive à la bonne application par Eutelsat de cette décision."  a déclaré Christophe Deloire, Secrétaire général de RSF. 

Cette décision est un grand succès pour le Comité Denis Diderot. Nous avons démontré, avec la collaboration de RSF et de ses avocats, qu’une action d’experts-citoyens peut mettre fin à neuf mois de tergiversations et d’inaction des politiques et des administrations sur un dossier dont l’impact stratégique est pourtant extrêmement important. Les chaînes concernées fabriquent l’adhésion de larges parties de la population russe à l’agression contre l’Ukraine.

 

Notre premier courrier à l'Arcom remonte au 30 mars. 

 

Mais il reste beaucoup à accomplir : d’après les lignes directrices de la Commission européenne, les décisions de l’Union européenne sur les chaînes Russia Today, Rossiya 24,  RTR-Planeta, TC Centr s’appliquent également à la diffusion vers les pays-tiers, donc vers la Russie. Et Eutelsat diffuse toujours RT Arabic sur trois satellites vers l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

Remerciements

Le Comité Denis Diderot remercie tous ceux qui l'ont soutenu dans son action, et en particulier

Merci à Jim Phillipoff qui le premier a mis en évidence que le recours à Eutelsat était le talon d'Achille de la propagande poutinienne. Merci aux signataires de la pétition, et en particulier aux membres du Conseil national de la Radio et Télévision d'Ukraine, qui ont établit la légitimité de notre action. Merci aux partenaires de la Coordination Stop Bloodcasting ! qui ont donné un souffle encore plus européen à notre campagne. 

 

Merci à Julia Davis (Russian Media Monitoring), Francis Scarr (BBC Monitoring) et Elena Volonchine (France 24) dont les traductions des émissions russes nous ont permis d'établir le dossier de signalement. Merci à Christian Lyngemark (Lyngsat.com) et à son réseau dont le travail d'observation des plans de services de satellites est indispensable pour établir avec précision la collaboration d'Eutelsat et de SES avec les chaînes de propagande russe. Merci aussi aux amis ukrainiens et russes qui nous ont aidés à démontrer que les deux plates-formes russes Trikolor et NTV Plus sont officiellement distribuées en Crimée depuis 2014. 

Un remerciement tout particulier à l'équipe de Reporters sans frontières qui nous a contacté en juin pour nous proposer le soutien juridique et logistique indispensable et au cabinet de Me Spinosi, qui a déposé la saisine auprès de l'Arcom et a convaincu le juge du Conseil d'Etat de la compétence de l'autorité.

Merci aussi aussi aux premières personnalités politiques qui ont soutenu notre action : Kasper Sand Kjær (parti social-démocrate danois) ; Boris Vallaud, Valérie Rabault et le Groupe socialistes et apparentés à l'Assemblée nationale ; Andrus Ansip, Nathalie Loiseau et Raphaël Glucksmann et 36 autres députés au Parlement européen ; la Vice-Présidente de la Commission eurpopéenne Věra Jourová, les Ministres de la Culture Oleksander Tkachenko (Ukraine), Piret Hartman (Estonie), Simonas Karis (Lituanie), Nauris Puntulis (Lettonie), Piotr Gliński (Pologne). 

Merci aussi à tous les journalistes qui ont rendu compte de notre action, souvent avec sympathie. 

Merci à tous ceux qui nous aidé en souhaitant rester dans l'ombre. 

Ce soir, je pense à Vera Ghyrytch, journaliste ukrainienne, tué dans son appartement à Kiyv, par un missile russe de précision, le 29 avril 2022. Je ne la connaissais pas, mais la douceur et la dignité de son regard, de son sourire, m'ont convaincu qu'il fallait mener ce combat jusqu'à la victoire.

André Lange

Coordinateur du Comité Denis Diderot. 
 

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En mémoire de Vera Ghyrytch, journaliste ukrainienne, tué dans son appartement à Kiyv, par un missile russe de précision, le 29 avril 2022

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Madame Rima Abdul-Malak, Ministre de la Culture, lors de la cérémonie du prix de la Liberté de la presse de RSF (Paris, 12 décembre 2022)

December 12, 2022 - France finally supports the sanctions against four Russian propaganda channels broadcast by Eutelsat.

 

On the occasion of the presentation of the 30th Reporters Without Borders Press Freedom Awards, French Minister of Culture Mrs Rima Abdul Malak announced that France supported the European Commission's proposal for sanctions against four Russian propaganda channels.

It is very good. Better late than never. But why so late? It took the mobilization of the Diderot Committee and its partners, RSF and its lawyers, French and European parliamentarians and of course the Ukrainian authorities to bring France out of its sluggishness, its blindness, its submission to lobbying discourse. of a company claiming to be neutral.

 

This decision, France could have proposed it nine months ago, when it held the presidency of the European Council.

It should be noted that with regard to the sanctions already adopted, the Minister indicates that they concern all the Member States of the European Union, but says nothing about the guidelines communicated by the Commission indicating that they also apply broadcasting to third countries (which implies that Eutelsat has been in breach since June).

 

This evening, at the end of the discussions of the European Council of Foreign Ministers, it was not yet obvious. High Representative Josep Borrell announced: "We are imposing sanctions on news outlets, on organizations which are not an expression of free press, but of the poisoning of the public space with a systematic manipulation of information." but it is not clear whether these words indicate that the initial proposal on the four chains has been accepted. And, if we understand correctly, the agreement on the whole package can still take several days.

 

The Minister also confirmed that the communication regulatory authority Arcom will make its decision quickly after having been confirmed in its jurisdiction following RSF's appeal to the Council of State. From this Wednesday? Next Wednesday ?

 

How slow it all is! Propaganda kills every day.

André Lange

12 décembre 2022 - La France soutient enfin les sanctions contre quatre chaînes russes de propagande diffusées par Eutelsat.

 

A l'occasion de la remise des 30ème Prix de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, la Ministre de la Culture, Madame Rima Abdul-Malak a annoncé que la France soutenait la proposition de la Commission européenne de sanctions contre quatre chaînes russes de propagande diffusées par Eutelsat. 

C'est très bien. Mieux vaut tard que jamais. Mais pourquoi si tard ? Il aura fallu la mobilisation du Comité Diderot et de ses partenaires, de RSF et de ses avocats, de parlementaires français et européens et bien sûr des autorités ukrainiennes pour sortir la France de son atonie, de son aveuglement, de sa soumission au discours de lobbying d'une entreprise se disant neutre.

 

Cette décision, la France aurait pu la proposer il y a neuf mois, alors qu'elle assurait la présidence du Conseil européen.

On notera qu'en ce qui concerne les sanctions déjà adoptées, la Ministre indique qu'elles concernent tous les Etats membres de l'Union européenne, mais ne dit rien sur les lignes directrices communiquées par la Commission indiquant qu'elles s'appliquent aussi à la diffusion vers les pays tiers (ce qui implique qu'Eutelsat est en infraction depuis le mois de juin).

 

Ce soir, au terme des discussions du Conseil européen des Ministres des Affaires étrangères, elle n'était pas encore évidente. Le Haut Représentant Josep Borrell a annoncé : "We are imposing sanctions on news outlets, on organisations who are not an expression of free press, but of the poisoning of the public space with a systematic manipulation of information." mais il n'est pas clair si ces propos indiquent que la proposition initiale sur les quatre chaînes a été acceptée. Et, si l'on comprend bien, l'accord sur l'ensemble du paquet peut encore prendre plusieurs jours.

 

La Ministre a également confirmé que l'Arcom prendra sa décision rapidement après avoir été confirmée dans sa compétence suite au recours de RSF devant le Conseil d'Etat. Dès ce mercredi ? Mercredi prochain ?

 

Que tout cela est lent ! La propagande tue tous les jours.

André Lange

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Editorial by André Lange,
Coordinator of the Denis Diderot Committee,

10 December 2022

 

 

EUTELSAT CASE: AFTER THE DECISION OF THE COUNCIL OF STATE, LEGAL AND MORAL VICTORY, THE DENIS DIDEROT COMMITTEE HOPES FOR AN EVEN MORE COMPLETE VICTORY

 

The Council of State suspends Arcom's decision and orders the Authority to re-examine the file of the three main Russian channels broadcast by the Fren satellite operator Eutelsat.

On September 8, Me Spinosi, lawyer for Reporters Without Borders (RSF), based on a report prepared by the Denis Diderot Committee, seized the French communications regulatory authority, Arcom, asking it to remains Eutelsat S.A. to interrupt the broadcasting of the Russian channels Rossiya 1, Perviy Kanal and NTV, channels that the French operator broadcasts to 15 million Russian households, butr also occupied territories of Ukraine and Baltic States, on behalf of two Russian platforms, of which links with the Russian State are identified, Trikolor and NTV Plus.

The 'eport contained numerous examples of illegal statements, collected by the Committee thanks, essentially, to the daily work of translation carried out by Julia Davis (Russian Media Monitor) and Francis Scarr (BBC Monitoring).

 

The argument for the referral emphasized that these statements:

  • do not respect human dignity (in particular through the repeated non-respect of the provisions of the Geneva Convention on prisoners of war);

  • do not guarantee the pluralistic nature of the expression of currents of thought and opinion;

  • undermine the safeguarding of European public order by legitimizing attacks on the territorial integrity of Ukraine, legitimizing unjustified military aggression and calling for the use of nuclear weapons in the context of a Third World War against "40 Nazi States".

  • regularly incite hatred and violence against the Ukrainian population, but also hatred against other populations and against sexual minorities;

  • contain calls for mass extermination or calls for the murder of leaders may be considered to fall under article 421-2-5 of the Criminal Code (provocation to commit terrorist acts).

According to the legal analysis proposed by Me Spinosi, Arcom is competent under article 43-4 of the law of September 30, 1986, which places under French jurisdiction the channels which are broadcast by French satellites when they are not are not established in a member state of the European Union or party to the European Convention on Transfrontier Television.

On September 29, without having organized a hearing with RSF and the Denis Diderot Committee, and without even having formally included the item on the agenda for its meeting of September 28, Arcom notified RSF by letter that it rejected referral, declaring itself incompetent. Arcom's two arguments were that it could not determine the country from which the uplink took place and that, on the other hand, insofar as the channels were distributed, via Eutelsat satellites, by two platforms pay-TV channels marketed in Russia, their audience in the European Union could only be marginal. The decision was not published on the authority's website or communicated to the press.

Through informal contacts, Reporters Without Borders and the Denis Diderot Committee tried to make Arcom understand that its position was wrong. On October 21, I sent the following message to Mr. Roch-Oivier Maistre, Chairman of the authority:

Mister President,

 

I have learned from internal sources that the services of Arcom doubt that Eutelsat's request for formal notice to interrupt the broadcasting of the Rossiya 1, Perviy Kanal and NTV channels is possible given that it is not possible to know from which country the uplink takes place. Excuse me for being direct, but this doubt is absolutely ridiculous. It is common knowledge that the uplinks to the Eutelsat 36B and C satellites at 36°E and AT Ekspress, 56°E are from the RSCC teleport in Skolkovo, as mentioned on the company's website: https ://eng.rscc.ru/space/centry-kosmicheskoj-svyazi/cks-ckolkovo/… I think the managers of Eutelsat S.A. and EUTELSAT IGO will have no trouble confirming this for you. For uplinks to the Ekspress AT2 satellite on which Eutelsat leases capacity for its two Russian customers and which serves Far Eastern Russia, uplinks cannot be made from Europe (see Uplink coverage map): https://eutelsat.com/en/satellites/eutelsat-56-east.html…). It is also hard to see how state broadcasters, protected by national security law, would entrust their technical operations to foreign companies, particularly in a context of war. Arcom's position is more than heartbreaking.

As Arcom did not plan to review its position, on November 28, Me Spinosi filed with the Council of State an appeal for suspension and interim relief challenging the legality of Arcom's decision and requesting its annulment. The Council of State reacted with considerable speed. The summary hearing took place on November 30. Eutelsat was invited to participate, which could have been contested but ultimately turned out to be very useful. The Denis Diderot Committee was part of the RSF delegation and was able to provide its expertise on the factual elements concerning the distribution of the channels concerned to the Baltic States and to the occupied territories of Ukraine.

With regard to the question of the uplink, it is obvious that Arcom did not make the necessary investigations, a simple search on the Internet (or a simple phone call to Eutelsat) would have enabled it to verify what is common knowledge since the end of the 1990s: that the uplink of the channels included in the NTVPlus and Trikolor packages to satellites in position 36°E is from the Skolkovo teleport. This piece of information was confirmed during the hearing by Mr. Bertolotti, Director of International and Institutional Relations at Eutelsat. From there, the hearing was off to a bad start for the authority.

The undeniable distribution of channels in the Baltic States and Ukraine

It remained to examine the distribution in the Baltic States and in the occupied territories of Ukraine and the legal consequences that could be drawn from it on the jurisdiction of Arcom. A detailed note on this subject, the main elements of which have been communicated to the judge, illustrates the extent of this distribution.

The distribution of the NTV Plus and Trikolor platforms to the Baltic States is by no means marginal. Figures vary according to sources and methodologies, but the total Russian-speaking population in these three states can be estimated at 1.2 million people and is obviously a prime target for Russian propaganda. The Baltic states have taken stricter measures banning the distribution of Russian channels than other European states and Latvia has even passed a law making it illegal to install and use reception equipment to receive Russian channels. However, gray market distribution is easy to establish. At least two websites offer the sale of hardware and systems for accessing subscriptions to the two platforms. As regards Trikolor, it does so, in particular, from an official reseller of the platform, based in Pskov, on the Estonian border and which indicates on its site that it is able to provide equipment and subscriptions to customers from the Baltic States, while indicating that such distribution is illegal. Such advertising by an official reseller cannot be done without the consent of the platform.

 

 

The judge, however, did not recognize the validity of the argument. Retaining Arcom's argument that paragraph 6 of article 2 of the AVMS Directive "does not apply to audiovisual media services intended exclusively for reception in third countries and which are not received directly or indirectly by means of standard equipment by the public of one or more Member States'. This paragraph, not transposed into French law, was nevertheless considered as a sufficient reason for rejection.

However, still on the basis of the elements provided by the Denis Diderot Committee, RSF, it was easy to demonstrate that the two NTV Plus and Trikolor platforms are officially distributed in the occupied and annexed territories of Ukraine by their official resellers. In March 2014, the day after the annexation of Crimea, the Russian Minister of Communications, Alexei Volin indicated the objective of developing digital television in the annexed territory, in order to allow the reception of more Russian channels, in particular via satellite platforms. During the hearing, Eutelsat representatives indicated that they were not aware of this distribution, based solely on the assertions of their two Russian customers. The Denis Diderot Committee finds it hard to believe that the managers of Eutelsat were unaware of the existence of this distribution, which is very easily identifiable on the Internet. He also notes that in 2016, a Eutelsat Award was given to Trikolor, despite this distribution in Crimea.

The irrefutable demonstration of the official distribution of the two platforms in the occupied territories of Ukraine enabled Mr Spinosi to demonstrate that television viewers in the occupied territories of Ukraine benefit from the protection of the European Convention on Transfrontier Television, that the France must respect as required by article 43-6 of the law of November 30, 1986.  However, the Convention, unlike the AVMS Directive, does not raise the question of the use of "standard equipment". France is therefore required to ensure the protection of viewers in the occupied territories against channels from a third country broadcast by French satellite capacities.

The judge recognized the validity of this analysis and therefore suspended Arcom's decision. The authority is ordered to re-examine the file, which it has promised to do very quickly. Eutelsat also indicated that it intended to respect the decision that would be taken by Arcom. We cannot anticipate this, but it is unlikely that the authority will contest the merits of the formal notice. As noted in the judge's order: "neither Arcom nor Eutelsat seriously disputes the reality, timeliness and extent of the harmful consequences likely to result from the broadcasting of the disputed programs to the audiences who receive them. .”

It should be noted that this decision was permitted, legally, because the European Convention on Transfrontier Television, adopted by the Council of Europe in 1989, offers a more humanistic framework for the protection of citizens than that of the AVMS Directive, the origin of the channels and the equipment needed to receive them are not taken into consideration to exclude services from abroad as long as they are carried by a European satellite.

A legal victory but also a moral victory

This decision is a legal victory. The Denis Diderot Committee would like to thank Reporters Without Borders, its lawyer Me Spinosi and his team, for having brought their expertise and determination to this case. He also thanks his Russian and Ukrainian correspondents who helped him to establish the decisive note showing the distribution of the two platforms in the occupied and annexed territories of Ukraine.

But it is also a moral victory.

Already at the end of March, the Denis Diderot Committee had alerted the Arcom administration to the problems posed by the presence of Russian propaganda channels on Eutelsat satellites. The Committee then alerted the French authorities: President of the Republic, Prime Minister, various Ministers and various administrations. The responses were few.

In a letter sent on July 25, Mr. Cellard, Chief of Staff of Bruno Le Maire, Minister of Economy, Finance, Industrial and Digital Sovereignty, had replied to the Committee that the file was transmitted to the Office of Mrs. Colonna, Minister for Europe and Foreign Affairs and to Mr. Guillaume Blanchot, Director General of Arcom, specifying that those would not fail to keep us directly informed of the follow-up given to our request. The only follow-up was the silence and the rejection of our proposal to present the file during the Arcom Day which was held on November 17th.

Despite the information provided, Arcom has maintained its position of easy doubt on the issue of the uplink, allowing it to use legal quibbles to proclaim its lack of competence and not to take charge of a delicate file. At the hearing, from the first question from the judge and the unambiguous answer from the representative of Eutelsat, the lack of seriousness of his examination of the file was thus highlighted.

As for Eutelsat's position during the hearing, it was pungent to say the least: while their Director General, Mrs Berneke, has been defending since March that it is up to the regulator to take any measures against Russian channels, the the company's lawyer came to support Arcom in its claim of incompetence.

Christophe Deloire, Secretary General of Reporters Without Borders, underlined this unserious approach:

“This decision is a victory for the right to reliable information, and for the fight against Kremlin war propaganda. We are pleased that our legal argument prevailed against a regulatory authority which had made the most minimalist reading of the texts to justify its incompetence, and used all the arguments, even the most contrary to the obvious, to do not act."

Me Spinosi for his part underlined the importance of the decision of the Council of State.

"It's a very important stage victory," adds Patrice Spinosi, lawyer for Reporters Without Borders. It reminds Arcom of its mission to protect freedom of information and of France's international commitments. The way is now open to a general ban on French satellite operators such as Eutelsat from contributing, at the borders of the Union or in territories illegally occupied by the Russian army, to the dissemination of political propaganda such as stories inciting hatred, violence and war crimes.”

Contrary to their claims, Eutelsat and SES do not fully comply with the sanctions

But there is worse. Another point in the file (which was not part of the referral to Arcom by Reporters Without Borders) will have to be examined.

 

This is the one that was posed on November 29 by the three Baltic States and Poland during the meeting of the European Council of Ministers of Culture and Audiovisual: the insufficient compliance by Eutelsat and the Luxembourg company competitor SES with the EU sanctions. This problem was explained during the press conference which followed this meeting by the Vice-President of the European Commission, Mrs Věra Jourová. The sanctions already adopted by the European Union against the channels Russia Today, RTR-Planeta, Rossiya 24 and TV Centr International apply not only to broadcasting to the European Union but also to third countries, including Russia and Ukraine. This requirement is contained in Frequently asked questions concerning sanctions adopted following Russia’s military aggression against Ukraine and Belarus' involvement in it. (p.250)

 

"Do the activities of an EU-based operator selling satellite capacities to a company in a third country, which may use this capacity to broadcast the content of the restricted channels in this third country, fall within the scope of the prohibition set out in Article 2f Last update: 30 June 2022

The prohibition applies not only to the broadcasting activities themselves, but also to those activities enabling, facilitating or otherwise contributing to the broadcast of any content by the legal persons, entities or bodies listed in Annex XV. Given that the making available of such satellite capacities would enable broadcasting, this is prohibited. Furthermore, in accordance with Article 13 of Regulation 833/2014, the Regulation applies to any legal person, entity or body which is incorporated or constituted under the law of a Member State. Therefore, the prohibition applies to an EU operator based within the territory of the Union, even for sales to a third country."

This requirement was notified by the Commission to the Member States last June. However, despite this text, Eutelsat continues to broadcast for NTV Plus and Trikolor the channels RT News, RT DE, Rossiya 24 and RTR Planeta. Eutelsat, which constantly proclaims that it respects the decisions of the European Union, has done so only partially, with the complacency of Arcom. The same goes for the Luxembourg company SES, which continues to broadcast RT News to India and South Africa, with the blessing of the Luxembourg authorities. Why the Guidelines have not been implemented by national authorities is what an investigation by a  press keen of truth should try to determine.

But an institutional investigation is also necessary. Questioned on this subject during the meeting of the INGE 2 Commission of the European Parliament by Nathalie Loiseau, Petras Austrevicius and Raphaël Glucksmann, who chairs this Commission which was held on Thursday 8 December, the High Representative for Foreign Affairs, Vice-President from the European Commission Josep Borrell replied that Eutelsat was a private company and that it was up to the French government to ensure that the Directives and decisions of the European Union were correctly implemented. He added that he would personally check with the French government why this was not done.​

Let us add that he should ask the same question to the Luxembourg government, which still replied two days ago to a journalist that the broadcasting of RT News by SES satellites in India and South Africa were not affected by the sanction of the European Union from March 1.

Editorial par André Lange

Coordinateur du Comité Denis Diderot

10 décembre 2022

 

 

 

AFFAIRE EUTELSAT :  APRES LA DECISION DU CONSEIL D’ETAT, VICTOIRE JURIDIQUE ET MORALE, LE COMITE DENIS DIDEROT ESPERE UNE VICTOIRE ENCORE PLUS COMPLETE

 

Le Conseil d’Etat suspend la décision de l’Arcom et enjoint l’Autorité de réexaminer le dossier des trois principales chaînes russes sur Eutelsat.

Le 8 septembre dernier, Me Spinosi, avocat de Reporters sans frontières (RSF), en se basant sur un dossier de signalement préparé par le Comité Denis Diderot, avait saisi l’autorité de régulation des communications l’Arcom en lui demandant de mettre en demeure Eutelsat S.A. d’interrompre la diffusion des chaînes russes Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV, chaînes que l’opérateur français diffuse vers 15 millions de foyers russes, mais aussi les territoires occupés de l'Ukraine et les Etats baltes, pour le compte de deux plates-formes russes, dont les liens avec l’Etat russes sont identifiés, Trikolor et NTV Plus.

 

Le dossier de signalement comportait de nombreux exemples de propos illégaux, collectés par le Comité grâce, essentiellement, au travail quotidien de traduction effectué par Julia Davis (Russian Media Monitor) et Francis Scarr (BBC Monitoring).

 

L’argumentaire de la saisine soulignait que ces propos :

  • ne respectent pas la dignité humaine (notamment par le non-respect répété des dispositions de la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre) ;

  • ne garantissent pas le caractère pluraliste de l’expression des courants de pensée et d’opinion ;

  • portent atteinte à la sauvegarde de l’ordre public européen par la légitimation d’atteintes à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, à la légitimation d’une agression militaire injustifiée et à l’appel au recours des armes nucléaires dans le cadre d’une troisième guerre mondiale contre « 40 Etats nazis ».

  • incitent de manière régulière à la haine et à la violence contre la population ukrainienne, mais aussi à la haine contre d’autres populations et contre les minorités sexuelles ;

  • contiennent des appels à l’extermination de masse ou des appels au meurtre de dirigeants peuvent être considérés comme relevant de l’article 421-2-5 du Code pénal (provocation à commettre des actes terroristes).

Selon l’analyse juridique proposée par Me Spinosi, l’Arcom est compétente au titre de l’article 43-4 de la loi du 30 septembre 1986, qui place sous juridiction française les chaînes qui sont diffusées par les satellites français lorsqu’elles ne sont pas établies dans un pays membre de l’Union européenne ou partie de la Convention européenne sur la télévision transfrontière.

Le 29 septembre, sans avoir organisé d’audience avec RSF et le Comité Denis Diderot, et sans même avoir inscrit formellement le point à l’ordre du jour de sa séance du 28, l’Arcom notifiait par lettre à RSF qu’elle rejetait la saisine, en se déclarant incompétente. Les deux arguments de l’Arcom étaient qu’elle ne pouvait déterminer le pays d’où avait lieu la liaison montante et que d’autre part, dans la mesure où les chaînes étaient distribuées, via les satellites Eutelsat, par deux plates-formes de télévision à péage commercialisées en Russie, leur audience dans l’Union européenne ne pouvait être que marginale. La décision n'était pas publiée sur le site de l'autorité ni communiquée à la presse.

Par des contacts informels, Reporters sans frontières et le Comité Denis Diderot ont essayé de faire comprendre à l’Arcom que sa position était erronée. Le 21 octobre, j’ai adressé à M. Roch-OIivier Maistre, Président de l’autorité le message suivant :

Monsieur le Président,

 

j'ai appris des sources internes que les services de l'Arcom doutent que la demande de mise en demeure d'Eutelsat d'interrompre la diffusion des chaînes Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV soit possible étant donné qu'il n'est pas possible de savoir à partir de quel pays a lieu la liaison montante. Excusez-moi d'être direct, mais ce doute est absolument ridicule. Il est de notoriété publique que les liaisons montantes vers les satellites Eutelsat 36B et C en 36° E et AT Ekspress, 56°E se font à partir du téléport RSCC de Skolkovo, comme cela est mentionné sur le site de l'entreprise : https://eng.rscc.ru/space/centry-kosmicheskoj-svyazi/cks-ckolkovo/… Je pense que les responsables d'Eutelsat S.A. et de l'EUTELSAT IGO n'auront aucun mal à vous confirmer cela. Pour les liaisons montantes vers le satellite Ekspress AT2 sur lesquels Eutelsat loue des capacités pour ses deux clients russes et qui dessert la Russie extrême-orientale, les liaisons montantes ne peuvent se faire à partir de l'Europe (voir carte du Uplink coverage ): https://eutelsat.com/en/satellites/eutelsat-56-east.html…). On voit par ailleurs mal comment les diffuseurs d'Etat, protégés par la loi sur la Sécurité nationale, confieraient, en particulier dans un contexte de guerre, leurs opérations techniques à des sociétés étrangères. La position de l'Arcom est plus que navrante.

L’Arcom n’envisageant pas de revoir sa position,  le 28 novembre,  Me Spinosi a déposé auprès du Conseil d’Etat un recours en suspension et en référé contestant la légalité de la décision de l’Arcom et demandant son annulation. Le Conseil d’Etat a réagi avec une célérité appréciable. L’audience en référé a eu lieu le 30 novembre. Eutelsat a été invité à y participer, ce qui aurait pu être contesté mais s’est avéré, en définitive, bien utile. Le Comité Denis Diderot faisait partie de la délégation de RSF et a pu apporter son expertise sur les éléments factuels concernant la distribution des chaînes concernées vers les Etats baltes et vers les territoires occupés de l’Ukraine.

En ce qui concerne la question de la liaison montante, il est évident que l’Arcom n’a pas fait les investigations nécessaires, une simple recherche sur Internet (ou un simple coup de fil à Eutelsat) lui eût permis de vérifier ce qui est de notoriété publique depuis la fin des années 1990 : que la liaison montante des chaînes incluses dans les bouquets NTVPlus et Trikolor à destination des satellites en position 36°E se fait à partir du téléport de Skolkovo. Cet élément d’information a été confirmé durant l’audience par M. Bertolotti, Directeur des relations internationales et institutionnelles d’Eutelsat. A partir de là, l'audition était mal engagée pour l'autorité.

La distribution indéniable des chaînes dans les Etats baltes et en Ukraine

Restait à examiner la distribution dans les Etats baltes et dans les territoires occupés de l’Ukraine et les conséquences juridiques que l’on pouvait en tirer sur la compétence de l’Arcom. Une note détaillée sur ce sujet, dont les principaux éléments ont été communiqués au juge,  permet d'illustrer l'ampleur de cette distribution.

La distribution des plates-formes NTV Plus et Trikolor vers les Etats baltes n’a rien de marginal. Les chiffres varient suivant les sources et les méthodologies, mais la population russophone totale dans ces trois Etats peut être estimée à 1,2 million de personnes et constitue de toute évidence une cible privilégiée pour la propagande russe. Les Etats baltes ont pris des mesures d’interdiction de distribution des chaînes russes plus sévères que les autres Etats européens et la Lettonie a même adopté une loi rendant illégale l’installation et l’utilisation de matériel de réception permettant de recevoir les chaînes russes. La distribution en « marché gris » est pourtant facile à établir. Au moins deux sites Internet proposent la vente de matériel et des systèmes d’accès aux abonnements aux deux plates-formes. En ce qui concerne Trikolor, elle le fait, notamment, d’un revendeur officiel de la plate-forme, installé à Pskov, à la frontière estonienne et qui indique sur son site qu’il est en mesure de fournir matériel et abonnements à des clients des Etats baltes, tout en indiquant qu’une telle distribution est illégale. Une telle publicité par un revendeur officiel ne peut se faire sans l’acquiescement de la plate-forme.

 

Le juge n’a cependant pas reconnu la validité de l’argument. Retenant l’argument de l’Arcom selon lequel le paragraphe 6 de l’article 2, de la Directive SMA « ne s’applique pas aux services de médias audiovisuels exclusivement destinés à être captés dans des pays tiers et qui ne sont pas reçus directement ou indirectement au moyen d’équipements standard par le public d’un ou de plusieurs États membres ». Ce paragraphe, non transposé dans la loi française, a néanmoins été considéré comme un motif suffisant de rejet.

Cependant, toujours sur base des éléments fournis par le Comité Denis Diderot, RSF, il était aisé de démontrer que les deux plates-formes NTV Plus et Trikolor sont distribuées officiellement dans les territoires occupés et annexés d’Ukraine par leurs revendeurs officiels. Dès mars 2014, au lendemain de l’annexion de la Crimée, le Ministre russes des communications, Alexei Volin indiquait l’objectif de développer la télévision numérique dans le territoire annexé, en vue de permettre la réception de chaînes russes plus nombreuses, notamment via les plates-formes satellitaires. Durant l’audience, les représentants d’Eutelsat ont indiqué de pas être au courant de cette distribution, en se basant uniquement sur les affirmations de leurs deux clients russes. Le Comité Denis Diderot a peine à croire que les dirigeants d’Eutelsat ignorait l’existence de cette distribution, très facilement identifiable sur Internet. Il note aussi qu’en 2016, un Eutelsat Awards a été attribué à Trikolor, en dépit de cette distribution  en Crimée.

La démonstration irréfutable de la distribution officielle des deux plates-formes dans les territoires occupés d’Ukraine a permis à Me Spinosi de démontrer que les téléspectateurs des territoires occupés d’Ukraine bénéficient de la protection de la Convention européenne sur la télévision transfrontière, que la France se doit de respecter comme l’exige l’article 43-6 de la loi du 30 novembre 1986. Or la Convention, à la différence de la Directive SMA  ne pose pas la question du recours a du « matériel standard ». La France est donc tenue de veiller à la protection des téléspectateurs des territoires occupés face à des chaînes d’un pays tiers diffusés par les capacités satellitaires françaises.

 

Le juge a reconnu la validité de cette analyse et a donc suspendu la décision de l’Arcom. L’autorité est enjointe de réexaminer le dossier, ce qu’elle a promis de faire très rapidement. Eutelsat a également indiqué qu'elle entendait respecter la décision qui serait prise par l'Arcom. Nous ne pouvons anticiper celle-ci, mais il est peu probable que l'autorité conteste sur le fond la proposition de mise en demeure.  Comme le note l'ordonnance du juge : “ni l’Arcom, ni la société Eutelsat ne contestent sérieusement la réalité, l’actualité et l’ampleur des conséquences dommageables susceptibles de résulter de la diffusion des programmes litigieux auprès des publics qui les reçoivent.”

On notera que cette décision a été permise, juridiquement, parce que la Convention européenne sur la télévision transfrontière, adoptée par le Conseil de l’Europe en 1989, offre un cadre plus humaniste de protection des citoyens que celui de la Directive SMA, l’origine des chaînes et les équipements nécessaires pour recevoir celles-ci n'étant pas pris en considération pour exclure les services venus de l'étranger dès lors qu'ils sont véhiculés par un satellite européen.

Une victoire juridique mais aussi une victoire morale

Cette décision est une victoire juridique. Le Comité Denis Diderot remercie Reporters sans frontière, son avocat Me Spinosi et l’équipe de celui-ci, d’avoir apporté leur compétence et leur détermination dans cette affaire. Il remercie aussi ses correspondants russes et ukrainiens qui l'ont aidé à établir la note décisive démontrant la distribution des deux plates-formes dans les territoires occupés et annexés de l'Ukraine.

Mais c’est aussi une victoire morale.

 

Dès la fin mars, le Comité Denis Diderot avait alerté l’administration de l'Arcom des problèmes posés par la présence des chaînes russes de propagande sur les satellites Eutelsat. Le Comité a par la suite alerté les autorités françaises : Président de la République, Première Ministre, différents Ministres et différentes administrations. Les réponses furent peu nombreuses. 

 

Dans un lettre envoyée le 25 juillet, Monsieur Cellard, Chef de Cabinet de Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie, des Finances, de la Souveraineté industrielle et numérique, avait répondu au Comité que le dossier était transmis au Cabinet de Madame Colonna, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et à Monsieur Guillaume Blanchot, Directeur général de l’Arcom, précisant que ceux ne manquerait pas de nous tenir directement informés des suites données à notre requête. La seule suite donnée fut le silence et le rejet de notre proposition de présentation du dossier lors de la Journée de l’Arcom qui s’est tenue le 17 novembre dernier.

Malgré les éléments d'informations fournis, l’Arcom a maintenu sa position de doute facile sur la question de la liaison montante, lui permettant d’utiliser des arguties juridiques pour proclamer son absence de compétence et ne pas prendre en charge un dossier délicat. A l’audience, dès la première question du juge et la réponse sans ambiguïté du représentant d’Eutelsat, le manque de sérieux de son examen du dossier a ainsi été mis en évidence.

Quant à la position d'Eutelsat durant l'audience, elle était pour le moins piquante : alors que leur Directrice générale, Madame Berneke, défend depuis mars que c'est au régulateur de prendre d'éventuelles mesures contre les chaînes russes, l'avocat de l'entreprise est venu soutenir l'Arcom dans sa prétention à l'incompétence.

Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières, a souligné cette approche peu sérieuse :

“Cette décision est une victoire pour le droit à l’information fiable, et pour la lutte contre la propagande de guerre du Kremlin. Nous nous félicitons que notre argumentation juridique l’ait emporté face à une autorité de régulation qui avait fait la lecture la plus minimaliste des textes pour justifier de son incompétence, et a utilisé tous les arguments, même les plus contraires à l’évidence, pour ne pas agir."

Me Spinosi a quant à lui souligné l'importance de la décision u Conseil d'Etat.

“C’est une très importante victoire d’étape. Elle rappelle l’Arcom à sa mission de protection de la liberté d’information comme aux engagements internationaux de la France. La voie est désormais ouverte à l’interdiction générale pour les opérateurs satellitaires français comme Eutelsat de contribuer, aux frontières de l’Union ou dans des territoires illégalement occupés par l’armée russe, à la diffusion de propagande politique comme de récits incitant à la haine, à la violence et aux crimes de guerre.”

Contrairement à leurs affirmations, Eutelsat et SES ne respectent pas complètement les sanctions

Mais il y a plus grave. Un autre point du dossier (qui ne faisait pas partie de la saisine de l’Arcom par Reporters sans frontières) va devoir être examiné.

 

C’est celui qui a été posé le 29 novembre par les trois Etats baltes et la Pologne lors de la réunion du Conseil européen des Ministres de la Culture et de l’audiovisuel : le respect insuffisant par Eutelsat et la société luxembourgeoise concurrente SES des sanctions européennes. Ce problème a été explicité durant la conférence de presse qui a suivi cette réunion par la Vice-Présidente de la Commission europénne, Madame Věra Jourová.   Les sanctions déjà adoptés par l’Union européenne contre les chaînes Russia Today, RTR-Planeta, Rossiya 24 et T Centr International s’appliquent non seulement à la diffusion vers l’Union européenne mais aussi vers les pays tiers, Russie et Ukraine comprises. Cette prescription figure dans le document Frequently asked questions concerning sanctions adopted following Russia’s military aggression against Ukraine and Belarus' involvement in it.   (p.250)

 

"Do the activities of an EU-based operator selling satellite capacities to a company in a third country, which may use this capacity to broadcast the content of the restricted channels in this third country, fall within the scope of the prohibition set out in Article 2f ? Last update: 30 June 2022

The prohibition applies not only to the broadcasting activities themselves, but also to those activities enabling, facilitating or otherwise contributing to the broadcast of any content by the legal persons, entities or bodies listed in Annex XV. Given that the making available of such satellite capacities would enable broadcasting, this is prohibited. Furthermore, in accordance with Article 13 of Regulation 833/2014, the Regulation applies to any legal person, entity or body which is incorporated or constituted under the law of a Member State. Therefore, the prohibition applies to an EU operator based within the territory of the Union, even for sales to a third country."

Cette prescription a été notifiée par la Commission aux Etats membres en juin dernier. Or, malgré ce texte,  Eutelsat continue de diffuser pour NTV Plus et Trikolor les chaînes RT News, RT DE, Rossiya 24 et RTR Planeta. Eutelsat qui ne cesse de proclamer qu’elle respecte les décisions de l’Union européenne ne l’a fait que partiellement, avec la complaisance de l’Arcom. Il en va d’ailleurs de même de la société luxembourgeoise SES qui continue de diffuser RT News vers l’Inde et l’Afrique du Sud, avec la bénédiction des autorités luxembourgeoises. Pourquoi les Guidelines n’ont pas été mises en œuvre par les autorités nationales, c’est ce qu’une enquête par une presse soucieuse de vérité devrait essayer de déterminer.

Mais  une enquête institutionnelle est aussi nécessaire. Questionné à ce sujet lors de la réunion de la Commission INGE 2 du Parlement européen par Nathalie Loiseau, Petras Austrevicius et Raphaël Glucksmann qui préside cette Commission qui s’est tenue ce jeudi 8 décembre, le Haut-Représentant aux affaires étrangères, Vice-Président de la Commission européenne Josep Borrell a répondu qu’Eutelsat était une entreprise privée et qu’il appartenait au gouvernement français de veiller à ce que les Directives et les décisions de l’Union européenne soient correctement mise e, œuvre. Il a ajouté qu’il allait personnellement vérifier auprès du gouvernement français pourquoi cela n’a pas été fait.

Ajoutons qu’il devrait poser la même question au gouvernement luxembourgeois qui répondait encore il y a deux jours à un journaliste que la diffusion de RT News par les satellites SES en Inde et en Afrique du Sud n’étaient pas concernée par la sanction de l’Union européenne du 1er mars.

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COMITE DENIS DIDEROT, La commercialisation des offres NTV Plus et Trikolor en dehors de la Fédération de Russie (Ukraine et Etats baltes) , 2022

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Josep Borrell, High Representative for Foreign Affairs, Vice-President of the European Commission answers questions from European parliamentarians from the INGE2 Commission on Eutelsat's non-compliance with sanctions (December 8, 2020) (Source: European Parliament Audiovisual Service)

 

Josep Borrell, Haut Représentant aux Affaires étrangères, Vice-Président de la Commission européenne répond aux questions des parlementaires européens de la Commission INGE2 sur le non respect des sanctions par Eutelsat (8 décembre 2020) (Source : Service audiovisuel du Parlement européen)

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Jim Phillipoff, "It's Time to Break into Putin's Propaganda Fortress", Kiyv Post, 10.12.2022

New sanctions in the 9th sanctions package

Things should now clear up quickly.

 

On November 7, the President of the European Commission, Mrs von der Leyen, announced that the 9th package of sanctions against Russia would include sanctions against four Russian channels. On November 8, POLITICO's Playbook Brussels indicated that these four channels were the three targeted by RSF's referral (Rossiya 1, Perviy Kanal and NTV) plus the fourth general-interest channel REN-TV (not to be confused with the Russian channel opposition party Rain TV, which has just lost its license in Latvia). This information has been confirmed to us by the European Commission. We assume that we must also take into account the fact that the Commission is also proposing sanctions against the Russian Army (after nine months of war, of massacres, rapes, destruction of civilian infrastructure, that is the least it can do) and that therefore the two Zvezda channels provided by the Army should also be excluded from broadcasting by Eutelsat.

The measures are scheduled to be discussed on Monday 12 December at a meeting of Foreign Ministers and adopted by the European Council on Wednesday 14 December. The Russian press reports that Hungary has already notified its opposition to the 9th sanctions package, and in particular to the measures concerning Russian channels.

If Hungary (or another State) succeeds in blocking this measure, the re-examination of the file by Arcom will be very important. During the hearing at the Council of State, Eutelsat's lawyer argued that the framework of the PESC Directive which defines the framework for sanctions against Russia was the only relevant framework for obtaining sanctions. He forgot to mention such a risk of blockage by a single State, which, in addition to the slowness of the procedure, constitutes a major uncertainty for putting an end to the collaboration with the Russian propaganda and genocide incitement channels.

If, on the other hand, the sanctions are adopted this Wednesday and the already existing sanctions correctly applied, this would mean that Eutelsat will have to end the broadcasting of no less than 10 channels which appear in the NTV Plus and Trikolor bouquets. As Eutelsat's satellite capacities targeting Russia are divided between one satellite in its own ownership (Eutelsat 36B) and three Russian satellites on which Eutelsat leases capacities for its two Russian customers, the question will arise as to whether the operator French will obtain from its customers that they implement the sanctions, as they are required to do by contract. If they honor these contracts, it will be a major (but probably not complete or final) disruption to the Russian propaganda apparatus. If, on the other hand, the Russian customers and partners refuse to implement the sanctions, Eutelsat will probably have no other solution than to terminate its contracts with an important lawsuit at stake to argue on the non-respect of the agreements by the Russian partners. .

Audiovisual regulation is not just a game of legal argument: it cannot avoid examining the facts.

I don't want to declare victory too soon, but I feel it is close. If this is assured, it will still be necessary to move on to the next stage: convincing Eutelsat to make available – under conditions which of course remain to be determined – the capacities freed up for the benefit of channels intended for the Russian public to provide them with alternative. I will not develop here the complex issue of such a project, which Jim Phillipoff, with whom I created the Denis Diderot Committee almost nine months ago, develops in an article published today in the Kiyv Post.

Those who know me know that, since the mid-1980s, I have been among those who have defended a vision of the audiovisual market in which regulators have an important role to play in ensuring pluralism, cultural diversity, the protection of minors and consumers and prevent the use of television to promote hate speech, let alone war speech and incitement to genocide. My career as a European expert on audiovisual issues owes a lot to Professor Wangermée, who was the first President of the CSA of the French Community of Belgium, as well as to Professor George Wedell and Anthony Pragnell, with whom I had the chance to work at the European Institute of Communication in Manchester in 1986 and 1988. One had been Secretary General, the other Legal Director of the Independent Television Authority, set up in 1954 when the 'ITV, which was the very first independent television regulatory authority in Europe. At the time, we were already imagining the collaboration of national regulatory bodies (which were yet to be created in many countries) with the European Commission.  Wangermée, Wedell, Pragnell were men of principle, but they were also regulators convinced that detailed and precise knowledge of the markets to be regulated was necessary for decisions to have meaning. They had therefore grasped the need for regulators to collaborate with researchers and with civil society. This wisdom has been lacking to the leaders of Arcom.

In this serious case of Eutelsat's collaboration with war propaganda and incitement to genocide, nine months have been lost. During these nine months, propaganda, day after day, killed an innocent population.

Andre Lange

Coordinator of the Denis Diderot Committee

December 10, 2022

 

De nouvelles sanctions dans le 9ème paquet de sanctions

Les choses devraient à présent se clarifier rapidement.

 

Le 7 novembre, la Présidente de la Commission européenne, Madame von der Leyen, a annoncé que le 9ème paquet de sanctions contre la Russie inclurait des sanctions contre quatre chaînes russes. Le 8 novembre, le Playbook Brussels de POLITICO a indiqué que ces quatre chaînes étaient les trois visées par la saisine de RSF (Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV) plus la quatrième chaîne généraliste REN-TV (à ne pas confondre avec la chaîne russe d’opposition Rain TV, qui vient de perdre sa licence en Lettonie). Ces informations nous ont été confirmées par la Commission européenne. Nous supposons qu’il faut également tenir compte du fait que la Commission propose aussi des sanctions contre l’Armée russe (après neuf mois de guerre, de massacres, viols, destruction des infrastructures civiles, c’est la moindre des choses) et que donc les deux chaînes Zvezda édités par l'Armeée devraient également être écartées de la diffusion par Eutelsat.

Il est prévu que les mesures soient discutées ce lundi 12 décembre lors qu’une réunion des Ministres des affaires étrangères et qu’elles soient adoptées par le Conseil européen le mercredi 14 décembre. La presse russe rapporte que la Hongrie a déjà notifié son opposition au 9ème paquet de sanctions, et en particulier aux mesures concernant les chaînes russes.

Si la Hongrie (ou un autre Etat) arrive à bloquer cette mesure, le réexamen du dossier par l’Arcom aura toute son importance. Lors de l’audience au Conseil d’Etat, l’avocat d’Eutelsat a argumenté que le cadre de la Directive PESC qui définit le cadre des sanctions contre la Russie était le seul cadre pertinent pour obtenir des sanctions. Il oubliait de mentionner un tel risque de blocage par un seul Etat, qui, outre la lenteur de la procédure, constitue une incertitude majeure pour mettre fin à la collaboration avec les chaînes russes de propagande et d’incitation au génocide.

Si par contre les sanctions sont adoptées ce mercredi et les sanctions déjà existantes correctement appliquées, cela signifierait qu’Eutelsat devra mettre fin à la diffusion de pas moins de 10 chaînes qui figurent dans les bouquets NTV Plus et Trikolor. Comme les capacités satellitaires d’Eutelsat visant la Russie sont réparties entre un satellite en propriété propre (l’Eutelsat 36B) et trois satellites russes sur lesquels Eutelsat loue des capacités pour ses deux clients russes, la question se posera de savoir si l’opérateur français obtiendra de ses clients qu’ils mettent en œuvre les sanctions, comme ils y sont tenus par contrat. Si ils respectent ces contrats , ce sera une perturbation majeure (mais probablement pas complète ni définitive) pour l’appareil russe de propagande. Si par contre les clients et partenaires russes refusent de mettre en œuvre les sanctions, Eutelsat n’aura probablement d’autre solution que de résilier ses contrats avec un important procès à la clé pour argumenter sur le non-respect des accords par les partenaires russes.

La régulation de l’audiovisuel n’est pas seulement un jeu d’argumentation juridique : elle ne peut éviter l’examen des faits.

Je ne tiens pas à crier victoire trop tôt, mais je la sens proche. Si celle-ci est assurée, il restera à passer à l’étape suivante : convaincre Eutelsat de mettre à disposition – dans des conditions qui restent bien entendu à déterminer – les capacités libérées au profit de chaînes destinées au public russe pour lui fournir une information alternative. Je ne développerai pas ici la problématique complexe d’un tel projet, que Jim Phillipoff, avec qui j’ai créé le Comité Denis Diderot il y a près de neuf mois, développe dans un article paru aujourd’hui dans le Kiyv Post.

Ceux qui me connaissent savent que, depuis le milieu des années 80, je suis de ceux qui défendent une vision du marché audiovisuel dans lequel les régulateurs ont un rôle important à jouer pour assurer le pluralisme, la diversité culturelle, la protection des mineurs et des consommateurs et empêcher l’usage de la télévision pour promouvoir les discours de haine, et, a fortiori les discours de guerre et d’incitation au génocide. Mon parcours d’expert européen sur les questions audiovisuelles doit beaucoup au Professeur Wangermée, qui fut le premier Président du CSA de la Communauté française de Belgique, ainsi qu’au Professeur George Wedell et à Anthony Pragnell, avec qui j’ai eu la chance de travailler à l’Institut européen de la communication à Manchester, en 1986 et 1988.  L’un avait été Secrétaire général, l’autre Directeur juridique de l’Independent Television Authority, mise en place en 1954 au moment de la création de l’ITV, et qui a été la toute première autorité indépendante de régulation de la télévision en Europe. Nous imaginions déjà à l’époque la collaboration des instances nationales de régulation (qui étaient encore à créer dans de nombreux pays) avec la Commission européenne. Wangermée, Wedell, Pragnell étaient des hommes de principes, mais c’était aussi des régulateurs convaincus que la connaissance détaillée et précise des marchés à réguler étaient nécessaire pour que les décisions aient un sens. Ils avaient donc saisi la nécessité d’une collaboration des régulateurs avec les chercheurs et avec la société civile. Cette sagesse a manqué aux dirigeants de l’Arcom.

Dans ce dossier grave de la collaboration d’Eutelsat avec la propagande de guerre et d’incitation au génocide, neuf mois ont été perdus. Pendant ces neufs mois, la propagande, jour après jour, a tué une population innocente.

André Lange

Coordinateur du Comité Denis Diderot

10 décembre 2022

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Jim Phillipoff, "It's Time to Break into Putin's Propaganda Fortress", Kiyv Post, 10.12.2022

December 7, 2012 - European Commission President Ursula Von der Leyen announces new sanctions against Russian propaganda

Mrs von der Leyen today announced the 9th sanctions package proposed by the Commission to the European Council. She said in particular in English:

 

"We will also target the Russian propaganda machine by taking four additional channels off the air and all other distribution platforms."


The French version proposed by the Commission is "Nous nous attaquerons aussi à la machine de propagande russe en suspendant quatre nouvelles chaînes ainsi que d'autres plateformes de distribution."

It is ultimately the German translation that is the most accurate : ;"Wir werden auch die russische Propagandamaschine ins Visier nehmen indem wir vier weiteren Medienkanälen die Sendeerlaubnis entziehen und ihnen den Zugang zu allen anderen Plattformen verwehren.." which means : "We will also target the Russian propaganda machine by revoking four more channels to broadcast and blocking them from all other platforms."

According to POLITICO, the four channels proposed for the sanctions are NTV / NTV Mir, Rossiya 1, REN TV and Perviy Kanal. It remains to be seen if the sanctions will apply (as indicated last week by Mrs Jourava), to broadcast to third countries, Russia included. If not, in practice, the effect will be limited to online distribution in the EU and will not contribute to reduce the role of Eutelsat in Russia and in Ukraine occupied territories.

We will probably know more on Monday 12, on the occasion of the European Council of Foreign Ministers.

Note that among the entities that will be sanctioned is the Russian Army (after nine months of war!). This implies, in principle, that the two Zvezda channels, directly published by the Army, should also be sanctioned.

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7 décembre 2012 - La Présidente de la Commission européenne, Madame Ursula Von der Leyen annonce de nouvelles sanctions contre la propagande russe 

Madame von der Leyen a annoncé aujourd'hui le 9ème paquet de sanctions proposé par la Commission au Conseil européen. Elle a notamment déclaré en anglais :

 

"We will also target the Russian propaganda machine by taking four additional channels off the air and all other distribution platforms."
 

La traduction en français proposée par la Commission est "Nous nous attaquerons aussi à la machine de propagande russe en suspendant quatre nouvelles chaînes ainsi que d'autres plateformes de distribution."

C'est finalement la traduction en allemand qui est la plus précise ; 

"Wir werden auch die russische Propagandamaschine ins Visier nehmen indem wir vier weiteren Medienkanälen die Sendeerlaubnis entziehen und ihnen den Zugang zu allen anderen Plattformen verwehren.." c'est à dire "Nous ciblerons également la machine de propagande russe en révoquant les autorisations de diffusion de quatre autres médias et en les bloquant de toutes les autres plateformes." 

Selon POLITICO, les quatre chaînes proposées pour les sanctions sont NTV/NTV Mir, Rossiya 1, REN TV et Perviy Kanal. Reste à savoir si les sanctions s'appliqueront ,comme l'a indiqué la semaine dernière Mme Jourava, pour les diffusions vers les pays tiers, Russie y compris. Sinon, en pratique, l'effet sera limité à la diffusion en ligne dans l'UE et ne contribuera pas à réduire le rôle d'Eutelsat en Russie et dans les territoires occupés d'Ukraine.

On en saura probablement plus lundi 12, à l'occasion du Conseil européen des Ministres des Affaires étrangères. 

On notera que parmi les entités qui seront sanctionnés figure l'Armée russe (après neuf mois de guerre !). Cela implique, en principe, que les deux chaînes Zvezda, directement éditées par l'Arrmée, devraient également être sanctionnées.

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December 2, 2022 - Two Eutelsat executives on the Anti-Corruption Foundation International list of personalities to be sanctioned for their role in the support to Russian war propaganda

ACF International, which was created by opponent Alexei Navalny to expose corruption, maintains a list of people it considers corrupt or warmongers, people responsible for strengthening Putin's regime and invasion of Ukraine. Its goal is "to get as many countries as possible to impose sanctions on them."

The Foundation has just announced that it is launching a major campaign to update its sanctions list, which already includes more than 6,000 names. This will affect the warmongers who, by virtue of their position, daily contribute to the aggression against Ukraine. This includes individuals who are directly involved in the planning and waging of war, such as Department of Defense employees, and those who make its prosecution possible by carrying out repressions against civil society, obtaining additional resources to war or otherwise maintaining Putin's regime.

The Foundation has previously indicated that resigning from a sanctioned position does not mean exclusion from the ACF 6,000 list, unless accompanied by active repentance. However, as new officials accept positions, rotate or resign, the Foundation makes revisions and adds new regime collaborators as well as updating the status of those already on the list. so that the information remains up to date.

The Foundation also announces that it has expanded the list of propagandists by adding the heads of state or private companies who distribute Russian propaganda. They all broadcast via satellite calls to continue the war, kill Ukrainian citizens, destroy civilian infrastructure and suppress anti-war opposition. Without these companies, it would be impossible to justify the war in the eyes of the population.

The list of propagandists, which can be found in the Sanctions Tracker, currently,  includes 385 names.

 

Among this list are two leaders of Eutelsat:

  • Dominique D'Hinnin, Chairman of the Board of Eutelsat Communications S.A; (the holding company)

  • Eva Berneke, CEO of Eutelsat S.A.

This list also includes the leaders of Eutelsat's three main Russian partners:

  • Mikhail Valerievich Dyomin, Managing Director of NTV Plus

  • Elena Anatolievna Polozova, Managing Director of the National Satellite Company ("Trikolor")

  • Alexei Konstantinovich Volin, Managing Director of RSCC, the federal satellite company from which Eutelsat leases capacity for NTV Plus and Trikolor. Alexei Volin was Minister of Communications in 2014. Directly after the annexation of Crimea in March 2014, he advocated for the development of digital television in the new "Republic", in particular through the establishment of NTV Plus and Trikolor. (Broadband TV News, 24.4.2014).

The Denis Diderot Committee is not in contact with the ACP International. It is not for him to comment on the possible criminal liability of the leaders of Eutelsat in their role of supporting the propaganda of Vladimir Putin's regime, but he is convinced of their moral responsibility.

 

It is well known that, since March, the leaders of Eutelsat have pleaded that as a telecommunications company, the company must remain neutral, and that managers and employees cannot comment on the content of the programs and that it is up to the regulator to take decisions. possible decisions to suspend the channels. This principle, which Eutelsat has not always adhered to in its history, was formalized in a Code of Ethics, adopted in the first half of 2014, an historical moment not really neutral.

 

As we wrote in a column published in the newspaper Le Soir, on May 24, "This position, correct in law, is difficult to defend from an ethical point of view. One thinks of the speech of Elie Wiesel, Nobel Peace Prize "Neutrality helps the oppressor, never the victim. Silence encourages the persecutor, never the persecuted".

 

We will come back to this question soon.

2 décembre 2022 - Deux dirigeants d'Eutelsat inscrits dans la liste de la Fondation internationale Anti-Corruption des personnalités à sanctionner pour leur rôle dans la diffusion de la propagande russe de guerre

L'ACF International, qui a été créée par l'opposant Alexei Navalny pour dénoncer la corruption, entretien une  liste de personnalités qu'elle considère comme corrompues ou comme de fauteurs de guerre, des personnes responsables du renforcement du régime de Poutine et de l'invasion de l'Ukraine. Son objectif est "d'amener le plus de pays possible à leur imposer des sanctions."

La Fondation vient d'annoncer qu'elle lançait une grande campagne pour mettre à jour sa listes de sanctions, qui comprend déjà plus de 6000 noms. Cela affectera les fauteurs de guerre qui, de par leur position, contribuent quotidiennement à l'agression contre l'Ukraine. Cela inclut les individus qui sont directement impliqués dans la planification et la conduite de la guerre, tels que les employés du ministère de la Défense, et ceux qui rendent sa poursuite possible en menant des répressions contre la société civile, en obtenant des ressources supplémentaires pour la guerre ou en maintenant autrement le régime de Poutine. 

La Fondation a déjà indiqué que démissionner d'un poste sanctionné ne signifie pas l'exclusion de la liste ACF 6 000, sauf si elle s'accompagne d'un repentir actif. Cependant, au fur et à mesure que de nouveaux fonctionnaires acceptent des postes, tournent ou démissionnent, la Fondation procède à des révisions et ajoute de nouveaux collaborateurs du régime ainsi qu'à la mise à jour du statut de ceux qui sont déjà sur la liste afin que les informations restent à jour.

La Fondation annonce également qu'elle élargi la liste des propagandistes en y ajoutant les dirigeants d'entreprises d'Etat ou privées qui distribuent la propagande russe. Ils assurent tous la diffusion par satellite d'appels à poursuivre la guerre, à tuer des citoyens ukrainiens, à détruire des infrastructures civiles et à réprimer l'opposition anti-guerre. Sans ces entreprises, il serait impossible de justifier la guerre aux yeux de la population.

La liste des "propagandistes", repérable dans le Sanctions Tracker,  inclut à ce jour 385 noms.

 

Parmi cette liste, figurent deux dirigeants d'Eutelsat :

  • Dominique D'Hinnin, Président du Conseil d'administration d'Eutelsat Communications S.A; (la société holding)

  • Eva Berneke, Directrice générale d'Eutelsat S.A.

On trouve également dans cette liste les dirigeants des trois principaux partenaires russes d'Eutelsat :

  • Mikhail Valerievich Dyomin , Directeur général de NTV Plus

  • Elena Anatolievna Polozova , Directrice générale de la National Satellite Company ("Trikolor")

  • Alexei Konstantinovich Volin , Directeur général de RSCC, l'entreprise fédérale de satellites à laquelle Eutelsat loue des capacités pour NTV Plus et Trikolor. Alexei Volin était Ministre des Communications en 2014. Directement après l'annexion de la Crimée, en mars 2014, il a plaidé pour le développement de la télévision numérique dans la nouvelle "République", notamment par l'implantation de NTV Plus et Trikolor. (Broadband TV News, 24.4.2014).

Le Comité Denis Diderot n'est pas en contact avec l'ACP International. Il ne lui appartient pas de se prononcer sur l'éventuelle responsabilité pénale des dirigeants d'Eutelsat dans leur rôle de soutien à la propagande du régime de Vladimir Poutine mais il est convaincu de leur responsabilité morale.

 

On sait que, depuis mars, les dirigeants d'Eutelsat ont plaidé qu'en tant qu'entreprise de télécommunication, l'entreprise doit rester neutre, et que ses dirigeants et employés ne peuvent se prononcer sur le contenu des programmes et qu'il appartenait au régulateur de prendre d'éventuelles décisions de suspension des chaînes. Ce principe, auquel Eutelsat ne s'est pas toujours tenu dans son histoire, a été formalisé dans une Charte éthique, adoptée au premier semestre 2014, un moment historique pas tout à fait neutre. 

 

Comme nous l'écrivions dans une tribune publiée dans le journal Le Soir, le 24 mai dernier "Cette position, exacte en droit, est difficilement défendable du point de vue éthique. On pense au discours d’Elie Wiesel, Prix Nobel de la Paix : « La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté »".

 

Nous reviendrons bientôt sur cette question. 

November 30, 2022 - Hearing at the Conseil d'Etat following the legal action by Reporters ans Frontières against Arcom

Reporters Without Borders has lodged a legal action to the Council of State following the decision of the French authority cor communications Arcom declaring itself incompetent to examine the file concerning the broadcasting of the Russian channels Rossiya 1, Perviy Kanal and NTV by the French operator Eutelsat.

The Denis Diderot Committee was part of the Reporters Without Borders delegation. In these circumstances, it will not comment on the ongoing proceedings.

30 novembre 2022 - Audience au Conseil d'Etat suite au recours de Reporters sans frontières contre l'Arcom

Reporters sans frontière à introduit un recours en annulation et en référé au Conseil d'Etat suite à la décision de l'Arcom se déclarant incompétente pour examiner le dossier de la diffusion des chaînes russes Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV par l'opérateur français Eutelsat. 

Le Comité  Denis Diderot faisait partie de la délégation de Reporters sans frontières. Dans ces circonstances, il ne fera pas de commentaire sur la procédure en cours. 

November 30, 2022 - The French National Assembly adopts a Resolution in support of Ukraine. Russian disinformation is mentioned, but not the question of Eutelsat's collaboration in the dissemination of war propaganda and incitement to genocide.

Read here

30 novembre 2022 - L'Assemblée nationale adopte une Résolution de soutien à l'Ukraine. La désinformation russe est évoquée, mais pas la question de la collaboration d'Eutelsat à la diffusion de la propagande de guerre et d'incitation au génocide. 

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November 29, 2022 - The question of Russian propaganda channels on the satellites of European operators raised at the European Council of Ministers of Culture

At the request of Estonia, Latvia, Lithuania and Poland, the issue of Russian propaganda channels on European satellites was discussed, very briefly, at the meeting of the European Council of Ministers of Culture , Education and Sports which was held in Prague under the Czech Presidency.

During her press conference, the Vice-President of the European Commission raised this issue.

Read the detailled article here

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29 novembre 2022 - La question des chaînes russes de propagande sur les satellites des opérateurs européens posée au Conseil européen des Ministres de la Culture

A la demande de l'Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie et de la Pologne, la question des chaînes de propagande russe sur les satellites européens a été abordée, très brièvement, lors de la réunion du Conseil européen des Ministres de la Culture, de l'Education et des Sports qui se tenait à Prague sous la Présidence tchèque. 

Lors de sa conférence de presse, la Vice-Présidente de la Commission européenne a évoqué ce point.

Article détaillé ici

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Dans le prolongement de cette réunion, le 2 décembre 2022, Madame Vera Jourova, Vice-Ptrésidente de la Commission européenne, a posté un tweet. "Nous devons absolument intensifier la lutte contre la propagande russe et combler les lacunes dans le cadre de notre travail continu sur de nouvelles sanctions. Nous en avons discuté avec les États membres lors du récent Conseil Culture et Médias."

November 29, 2022 - A written parliamentary question on Eutelsat and Russian propaganda was addressed by Mr Benjamin Haddad to Mrs Colonna, Minister for Europe and Foreign Affairs

Read the text here

29 novembre 2022 - Une question parlementaire écrite sur Eutelsat el la propagande russe a été adressée par M. Benjamin Haddad à Madame Colonna, Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères

Voir le texte ici.

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28 November 2022 - New statement by the Vice-President of of the European Commission, Ms Věra Jourová

The POLITICO newsletter devotes an article to the question of the broadcasting of Russian propaganda channels by the European satellite operators Eutelsat and SES. Asked about this by the journalist, Ms. Věra Jourová said : “We definitely need to step up the fight against Russian propaganda and address loopholes as part of our continuous work on new sanctions

28 novembre 2022 - Nouvelle déclaration de la Vice-Présidente de la Commission européenne, Madame Věra Jourová

La lettre d'information POLITICO consacre un article à la question de la diffusion des chaînes russes de propagande par les opérateurs européens de satellites Eutelsat et SES.  Interrogée à ce propos par la journaliste, Madame Věra Jourová a déclaré : "Nous devons absolument intensifier la lutte contre la propagande russe et combler les lacunes dans le cadre de notre travail continu sur de nouvelles sanctions". 

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November 25, 2022 - Referral on Eutelsat: Reporters Without Borders attacks the French regulatory authority Arcom before the Council of State - The Denis Diderot Committee is associated with this action - Almost all of the French press remains silent on the Eutelsat affair.

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25 novembre 2022 - Mise en demeure d'Eutelsat : Reporters sans frontières attaque l'Arcom devant le Conseil d'Etat - Le Comité Denis Diderot est associé à cette action - La quasi totalité de la presse française reste silencieuse sur l'affaire Eutelsat. 

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November 24, 2022 - EUTELSAT IGO Advisory Board meeting "lively" - Ukraine delivers letter to Ms. Berneke, CEO of Eutelsat S.A. and threatens to take sanctions.

The European Telecommunications Satellite Organization (EUTELSAT IGO) is the intergovernmental organization bringing together 49 Member States which oversees the commercial activities of Eutelsat S.A.

The Advisory Committee, which meets twice per year, provides advice to the Executive Secretary on budget, staffing and any matters referred to it by the Assembly of Parties. It has no decision-making role. In March 2021, the Assembly of Parties appointed the Parties of Azerbaijan, Bulgaria, France, Hungary, Italy, Poland, and Turkey to the Advisory Committee until the next ordinary meeting of the Assembly of Parties which will take place on 10-11 May 2023. Today, Georgia, Liechtenstein, Switzerland and Ukraine participated as observers.

This type of meeting, in European intergovernmental organisations, is traditionally marked by the diplomatic principle of confidentiality and journalists are not very interested in them. One would look in vain in the press releases for elements that go beyond mere routine rhetoric. However, in the context of the war waged by the Russian Federation (a member of the Organization since 1994) against Ukraine (a member since 1993) and the controversies over what we call the Eutelsat Affair, today's meeting today took on particular importance.

 

On the Organization's website, we learn that "The Advisory Committee was informed of the activities of the EUTELSAT IGO Secretariat since its last meeting and of matters pertaining to the observance by Eutelsat S.A. of the Basic Principles. In accordance with its mandate, the Committee reviewed the results for the period July 2021 to June 2022 and an updated budget for the period July 2022 to June 2023. At the invitation of the Executive Secretary, Mr David Bertolotti, Director of Institutional and International Affairs of Eutelsat Communications S.A, made a presentation on the latest developments in the Company. The Advisory Committee expressed its appreciation with the information provided by EUTELSAT IGO and welcomed the participation of Eutelsat S.A.’s representative during this meeting."

"The meeting was lively"

 

We probably won't know much more. On his Linkedin page, the Executive Secretary of the Organization, Mr. Piotr Dmochowski-Lipski writes in all diplomatic discretion that "the meeting was lively". The Denis Diderot Committee had put its grain of salt by publishing a note asking substantive questions on the serious question of Eutelsat's collaboration with Russia, and more generally with the propaganda channels of non-democratic countries or anti-Semitic movements. . Several of our partners (the National Council of Radio and Television of Ukraine, the association For Ukraine, their freedom and ours, the association Good Lobbiyng and the Media Resistance Group) have supported our approach We do not know whether this note has been distributed and discussed.

A letter from the National Radio and Television Council to the Director General of Eutelsat

What probably sparked the "lively" discussion was the statement issued this morning by the National Council of Radio and Television of Ukraine. It announced that on the occasion of the meeting, a letter had been delivered by the services of the Embassy to Mrs Eva Berneke, CEO of Eutelsat S.A. calling on the company to stop circumventing the sanctions of the EU regarding the ban on the broadcasting of Russian propaganda channels.

In its letter, the National Council once again draws the attention of the European company to the danger posed by the Russian media. By distorting reality for decades, they raised a whole generation of citizens imbued with ideas of hatred for European values ​​and a belief in their own civilizational role in preserving and renewing the values ​​of Soviet ideology.

During the war unleashed by Russia against Ukraine, the propagandist Russian mass media resort to incitement to genocide against the Ukrainian people. According to Article III of the Convention on the Prevention of the Crime of Genocide, direct and public incitement to commit genocide is a separate crime, regardless of whether it is directly related to genocide or not. France, as a signatory country of this Convention, is obliged to take measures to prevent genocide and punish its commission.

The war started by Russia is not only a war of armies, but above all, a war for people's consciousness. The continued spread of propaganda, aggressive and hateful appeals against the Ukrainian people, in particular in Eutelsat packages, which are intended for entertainment or even education, undermines security on the European continent and incites violence and hatred. In such an environment, the propaganda of war and the destruction of other nations and states is perceived as common and acceptable information.

The official monitoring of the National Council recorded that the French operator Eutelsat SA hosts the Russian satellite television platforms "NTV+" and "Tricolor". Their program service includes Russian TV channels, which have been subject to sanctions by the European Union and certain countries, as well as orders from the French regulator Arcom to stop broadcasting. These are, in particular, the TV channels "Russia Today", "Pervyi Kanal", "Russia 1", "TVC" (TV Center International), "NTV".

All these channels are directly or indirectly owned and controlled by the Russian government and receive advertising revenue from distribution in European countries. They systematically express support for the aggressive actions of the Russian government in Ukraine, promote war, enmity, incite the genocide of the Ukrainian people, and express threats against other European countries. Sanctions in the form of rebroadcast restrictions on them, the National Council is convinced, are a justified and necessary measure to stop the escalation of the war. Broadcasting of Russian channels should be limited.

In the event that Eutelsat SA does not stop providing retransmission services of the "NTV+" and "Tricolor" packages, the National Council will initiate the procedure of imposing sanctions on the company, as well as initiate the blocking of any of its activities on the territory of Ukraine, and in the future - on the European continent

The release also mentions the letter of the 39 European parliamentarians to High Representative Josep Borrell asking that sanctions be taken to put an end to Eutelsat's collaboration with Russian propaganda channels.

Solidarity of the Denis Diderot Committee with the position of Ukraine

We do not know what response was given by the representative of France to the firm questioning of the National Council concerning the prevention of genocide. As we wrote yesterday (see below), France's position on this file is characterized, after nine months of war, by a total lack of decision.

 

The Denis Diderot Committee and its partners reaffirm their full solidarity with the National Council of Radio and Television of Ukraine, all of whose members, from the beginning of April, had signed the petition addressed to President Macron when he chaired the European Council .

24 novembre 2022 - La réunion du Comité consultatif de l'EUTELSAT IGO a été animée - L'Ukraine remet une lettre à Madame Berneke, Directrice générale d'Eutelsat S.A. et menace de prendre des sanctions. 

L'Organisation européenne de satellites de télécommunications (EUTELSAT IGO) est l'organisation intergouvernementale réunissant 49 Etats membres qui encadre les activités commerciales d'Eutelsat S.A. 

Le Comité consultatif, qui se réunit deux fois par an, fournit des conseils au Secrétaire exécutif sur le budget, le personnel et toutes questions qui lui sont soumises par l’Assemblée des Parties. Il n’a pas de rôle décisionnel. En mars 2021, l’Assemblée des Parties a nommé les Parties de l’Azerbaïdjan, de la Bulgarie, de la France, de la Hongrie, de l’Italie, de la Pologne et de la Turquie au Comité consultatif jusqu’à la prochaine réunion ordinaire de l’Assemblée des Parties qui se tiendra les 10 et 11 mai 2023.  Aujourd'hui, la Géorgie, le Liechtenstein, la Suisse et l'Ukraine participaient en tant qu'observateurs.

Ce type de réunion, dans les organisations intergouvernementales européennes, sont traditionnellement marquées par le principe diplomatique de confidentialité et les journalistes s'y intéressent peu. On chercherait en vain dans les communiqués des éléments dépassant la simple rhétorique de routine. Pourtant, dans le contexte de la guerre menée par la Fédération de Russie (membre de l'Organisation depuis 1994) à l'IUkraine (membre depuis 1993) et des polémiques sur ce que nous appelons l'Affaire Eutelsat, la réunion d'aujourd'hui prenait une importance particulière.

 

Sur le site de l'Organisation, on apprend que  "Le Comité consultatif a été informé des activités du Secrétariat d’EUTELSAT IGO depuis sa dernière réunion et des questions relatives au respect des Principes de base par Eutelsat S.A. Conformément à son mandat, le Comité a examiné les résultats de l’exercice juillet 2021 à juin 2022 et le budget actualisé pour l’exercice juillet 2022 à juin 2023. À l’invitation du Secrétaire exécutif, M. David Bertolotti, Directeur général des affaires institutionnelles et internationales d’Eutelsat Communications S.A., a fait un exposé sur l’évolution de la situation de la Société. Le Comité s’est déclaré satisfait des informations fournies par EUTELSAT IGO et a salué la participation du représentant d’Eutelsat S.A. à l’occasion de cette réunion."

"The meeting was lively".

On n'en saura probablement guère plus. Sur sa page Linkedin, le Secrétaire exécutif de l'Organisation, M. Piotr Dmochowski-Lipski écrit en toute discrétion diplomatique que "the meeting was lively". Le Comité Denis Diderot avait mis son grain de sel en publiant une note posant des questions de fond sur la question grave de la collaboration d'Eutelsat avec la Russie, et plus généralement avec les chaînes de propagande de pays non-démocratiques ou de mouvements antisémites. Plusieurs de nos partenaires (le Conseil national de la Radio et de la Télévision d'Ukraine, l'association Pour l'Ukraine, leur liberté el la nôtre, l'association Good Lobbiyng et le Media Resistance Group) ont soutenu notre démarche Nous ignorons si cette note a été distribuée et débattue.

Une lettre du Conseil national de la radio et de la télévision à la Directrice générale d'Eutelsat 

Ce qui a probablement été à l'origine des discussions vives, c'est le communiqué publié ce matin par Conseil national de la Radio et de la Télévision d'Ukraine. Celui-ci annonçait qu'à l'occasion de la réunion, une lettre avait été remise par les services de l'Ambassade à Madame Eva Berneke, Directrice générale d'Eutelsat S.A.  appelant l'entreprise à cesser de contourner les sanctions de l'UE concernant l'interdiction de diffusion des chaînes de propagande russes. 

"Dans sa lettre, le Conseil national attire une nouvelle fois l'attention de la société européenne sur le danger que représentent les médias russes. En déformant la réalité pendant des décennies, ils ont élevé toute une génération de citoyens imprégnés d'idées de haine des valeurs européennes et d'une croyance en leur propre rôle civilisationnel dans la préservation et le renouvellement des valeurs de l'idéologie soviétique.

Pendant la guerre déclenchée par la Russie contre l'Ukraine, les médias propagandistes russes ont recours à l'incitation au génocide contre le peuple ukrainien. Selon l'article III de la Convention pour la prévention du crime de génocide, l'incitation directe et publique à commettre le génocide est un crime distinct, qu'il soit directement lié au génocide ou non. La France, en tant que pays signataire de cette Convention, est tenue de prendre des mesures pour prévenir le génocide et punir sa commission.

La guerre déclenchée par la Russie n'est pas seulement une guerre des armées, mais surtout une guerre pour la conscience des gens. La diffusion continue de propagande, d'appels agressifs et haineux contre le peuple ukrainien, notamment dans les bouquets Eutelsat, destinés au divertissement voire à l'éducation, porte atteinte à la sécurité sur le continent européen et incite à la violence et à la haine. Dans un tel environnement, la propagande de guerre et la destruction d'autres nations et États sont perçues comme des informations communes et acceptables.

Le contrôle officiel du Conseil national a relevé que l'opérateur français Eutelsat SA héberge les plates-formes russes de télévision par satellite "NTV+" et "Tricolor". Leur service de programmes comprend des chaînes de télévision russes, qui ont fait l'objet de sanctions de la part de l'Union européenne et de certains pays, ainsi que d'ordres du régulateur français Arcom d'arrêter de diffuser. Il s'agit notamment des chaînes de télévision "Russia Today", "Pervyi Kanal", "Russia 1", "TVC" (TV Center International), "NTV".

Toutes ces chaînes sont directement ou indirectement détenues et contrôlées par le gouvernement russe et reçoivent des revenus publicitaires de la distribution dans les pays européens. Ils expriment systématiquement leur soutien aux actions agressives du gouvernement russe en Ukraine, promeuvent la guerre, l'inimitié, incitent au génocide du peuple ukrainien et expriment des menaces contre d'autres pays européens. Des sanctions sous la forme de restrictions de retransmission à leur encontre, le Conseil national en est convaincu, sont une mesure justifiée et nécessaire pour arrêter l'escalade de la guerre. La diffusion des chaînes russes devrait être interrompue.

Dans l'hypothèse où Eutelsat SA ne cesserait pas d'assurer les services de retransmission des bouquets "NTV+" et "Tricolor", le Conseil National engagera la procédure de sanctions à l'encontre de l'entreprise, ainsi que le blocage de l'une quelconque de ses activités sur le territoire de l'Ukraine, et à l'avenir - sur le continent européen"

Le communiqué mentionne également la lettre des 39 parlementaires européens au Haut Représentant Josep Borrell demandant que des sanctions soient prises pour mettre fin à la collaboration d'Eutelsat avec les chaînes russes de propagande. 

Solidarité du Comité Denis Diderot avec la position de l'Ukraine

Nous ignorons quelle est la réponse qui a été apportée par le représentant de la France a l'interpellation ferme du Conseil national concernant la prévention du génocide. Comme nous l'écrivions hier (voir ci-dessous), la position de la France sur ce dossier se caractérise, après neuf mois de guerre, par une absence totale de décision.

 

Le Comité Denis Diderot et ses partenaires réaffirment leur  entière solidarité avec le Conseil national de la radio et de la télévision d'Ukraine, dont tous les membres, dès début avril, avaient signé la pétition adressée au Président Macron à l'époque où il présidait le Conseil européen. 

 

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"Poutine au satellite Eutelsat" (marionnette de Katya Demina). 

November 23, 2022 - In a column published by Le Monde.fr., the Ukrainian Minister of Culture criticizes Eutelsat's collaboration with Russia but proposes that France take the lead in the fight against Russian disinformation. - This column is a moment of truth for President Macron and his goverment

LeMonde.fr today published a tribune by Oleksander Tkachenko, Ukrainian Minister of Culture and Information Policy. After highlighting the growing global audience of the propaganda channel Russia Today, Mr. Tkachenko points out that "the very existence of Russian television propaganda depends on Western technologies. It is indeed the French Eutelsat which covers the territory of the Russian Federation. 22% owned by the French government, it is the world's largest satellite operator by revenue. Even the unprecedented sanctions imposed in 2022 have not put an end to its cooperation with the Russians This powerful satellite operator continues to broadcast Russian propaganda channels.

 

Eutelsat is cooperating in particular with two major Russian pay-TV platforms which are actively involved in propaganda, Tricolor TV and NTV-Plus. These pay him tens of millions of euros each year to be broadcast. In total, for these two platforms, Eutelsat relays approximately 330 television channels which reach nearly fifteen million Russian households and several million viewers in Europe.

Eutelstat also broadcasts thirteen Russian news channels, in particular, within the RT group, the Arabic-language channel RT Arabic intended for North Africa and the Middle East. As well as BelRos (the channel of the Union of Russia and Belarus with a pro-Russian "imperialist" orientation), the militarist channel Zvezda of the Russian armed forces, which openly practices propaganda and disinformation, and more than thirty channels regional Russians."

As a good diplomat, Mr. Tkachenko does not directly attack the French authorities, but on the contrary invites France to take the lead of an "Information Ramstein" thus referring to the American air base located in Germany, where a contact group to coordinate allied efforts in the war in Ukraine.

"It is extremely important, writes Mr. Tkachenko, to organize a meeting of the allied countries of Ukraine in the very near future in order to define our main strategic objectives, but also to work out counter-propaganda projects, various measures tactics, the basics of communication between all participants and a stable coordination mechanism of our joint efforts to counter Kremlin propaganda.

 

Information Ramstein is to become a major platform for discussing wartime challenges and building a united information front of allied nations. Of course, such a process, to be stable and efficient, needs a leader, a locomotive."

"Information Ramstein" is perhaps not the most attractive label, but we find in the concept the idea of the Task Force suggested in our petition from April 5th.

 

Mr. Tkachenko detailed his concept during a meeting with G7 culture and media ministers on 14 November.

 

  • to implement joint measures to counter disinformation, in particular to promote the cooperation of information agencies;

  • to introduce sanctions against russian propagandists who spread propaganda in the world;

  • to promote the international broadcasting of Ukrainian channels, in particular the TV channel “FREEDOM”;

  • to provide immediate support for the protection and preservation of media operating in Ukraine;

  • to expand “cultural sanctions”;

  • to ensure systemic cooperation at the government level;

  • to develop a digital database;

  • to ensure broad institutional cooperation;

  • to create a Fund for the support of Ukrainian mass media.

Each of these proposals merits detailed discussion. The fight against disinformation organized by the Russian regime, the reconstruction of a media universe escaping a systematic strategy of false information and incitement to warlike and hateful statements is a long-term project.

 

The proposal must however be handled with care: European coordination is also essential to define a strategy making it possible to recreate, once the war over, the material conditions for a free circulation of information between Russia and the Western world - a free circulation which should necessarily place, without complacency, the Russian public in the face of the crimes committed by the Putin regime. But such coordination should not be a simple matter of counter-propaganda: the demands for the independence of journalists, the pluralism of approaches, the recognition of Russian voices who opposed Putin must be part of the dynamics of such a project. .

A moment of truth for the French authorities

This column, published a few hours before the European Parliament adopted a resolution qualifying the Russian Federation as a state sponsor of terrorism, testifies to the importance that the Ukrainian government attaches to what we call the “Eutelsat affair”. Tomorrow it will be nine months since Russia's military aggression against Ukraine began and no measure, French or European, has yet been taken to put an end to this shameful and unacceptable collaboration. The Denis Diderot Committee is pleased to see that political voices are multiplying to denounce it and that its work is used as a reference. From the moment when the Parliamentary Assembly of the Council of Europe and the European Parliament recognized the terrorist nature of the way in which Russia waged war, the acceptance on European satellites of propaganda channels which often anticipated, proposed , praised attacks on civilians and vital infrastructure becomes truly untenable. 

Mr. Tkachenko's column is also published two days after the publication (completely silenced by the French press) of the letter from thirty-nine Members of the European Parliament  asking for European sanctions to put an end to the supply of services to Russian propaganda channels by European operators. It should be noted that among these thirty-nine parliamentarians, thirteen are French and twenty (notably Nathalie Loiseau and Bernard Guetta) belong to the Renew group, to which the Macronist deputies are affiliated. However, the signature of Stéphane Séjourné, who is both the President of Renew and the Secretary General of Renaissance, is missing. Should we see a division within the presidential camp?

The French authorities are expected to finally show themselves up to this task.

Mr. Tkachenko may have information about the intentions of President Macron and the government of Madame Borne that we do not have and we would like to share his optimism. However, it must be noted that no positive sign has yet come from the Elysée, or Matignon, or Bercy, or the Quai d'Orsay, or the Mirabeau Tower where the regulatory authority Arcom sits.

Since the spring, we have had the unpleasant impression that President Macron is protecting the interests of the industrial gem represented by Eutelsat to the detriment of the interests of Ukraine but also of Russian civil society. The Chairman of the Board of Directors of Eutelsat Communications S.A., Mr. Dominique d'Hinnin, and the Chief Executive Officer of Eutelsat S.A. bear a heavy responsibility for having turned a blind eye to the illegal excesses of their Russian customers (in particular the fact that they market their services in the occupied territories of Ukraine and the fact that criminal comments are made almost daily on the main channels) which would have been enough to break the contracts. But at least they should be recognized for having been constant in their logic of "neutrality" by indicating that it was up to the regulatory authorities and the public authorities to take the decisions.

 

Officially seized on September 8 by Reporters Without Borders, the regulatory authority, Arcom, has not moved, Reporters Without Borders had to lodge an appeal with the Council of State, considering that the response given by Arcom to its referral to the Rossiya 1, Perviy Kanal and NTV channels was not satisfactory in its reading of the law. If Arcom considers that the law does not allow it to act in such a serious situation (and compromising for the international image of France), why does it not say loud and clear to the legislator?

The new version of the presidential non-majority motion for a resolution that should be debated in the National Assembly next week does not contain any reference to the Eutelsat issue (any more than to the issue of other French companies still present in Russia). This proposal, also weak on the issue of deportation and Russification of Ukrainian children, is not amendable. A member of the President's Renaissance party, Mrs. Anne Genetet, had to ask a written parliamentary question to Minister Barrot, in charge of telecommunications policy, to try to obtain a clarification.

Tomorrow there will be a meeting of the Advisory Committee of EUTELSAT IGO, the intergovernmental organization that oversees the activities of the commercial company. France is part of the Committee and Ukraine will attend as an observer. This meeting has no decision-making character and the Committee's discussions are not public. It is to be hoped that Ukraine will be able to defend its point of view there and that milestones will be laid to finally emerge from an untenable situation from an ethical, diplomatic and strategic point of view.

It is high time for President Macron and the government of Madame Borne to come out of their ambiguity about the Eutelsat affair. This ambiguity weakens their position. So when President Macron talks about Russian propaganda in Africa, Mr. Andrus Ansip, Estonian MP, member of the same Renew group as Stéphane Séjouné, has a good time pointing out that it is the French Eutelsat satellites that broadcast RT Arabic to North Africa .

 

In times of war, the "at the same time" has had its day.

André Lange

Coordinator of the Denis Diderot Committee

23 novembre 2022 - Dans une tribune publiée par Le Monde.fr., le Ministre ukrainien de la culture critique la collaboration d'Eutelsat avec la Russie mais propose à la France de prendre la tête de la lutte contre la désinformation russe - Cette tribune est un moment de vérité pour le Président Macron et son gouvernement. 

LeMonde.fr a publié aujourd'hui une tribune d'Oleksander Tkachenko, Ministre ukrainien de la culture et d  la politique de l'information. Après avoir souligné l'audience mondiale croissante de la chaîne de propagande Russia Today, M. Tkachenko souligne que "l’existence même de la propagande télévisée russe dépend de technologies occidentales. C’est en effet le français Eutelsat qui couvre le territoire de la Fédération de Russie. Détenu à 22 % par le gouvernement français, il est le premier opérateur de satellites au monde par son chiffre d’affaires. Même les sanctions sans précédent prises en 2022 n’ont pas mis un terme à sa coopération avec les Russes. Ce puissant opérateur de satellites continue de diffuser des chaînes de propagande russes. 

 

Eutelsat coopère notamment avec deux grandes plates-formes de télévision payantes russes qui font activement de la propagande, Tricolor TV et NTV-Plus. Celles-ci lui versent chaque année des dizaines de millions d’euros pour être diffusées. Au total, pour ces deux plates-formes, Eutelsat relaie environ 330 chaînes de télévision qui touchent près de quinze millions de foyers russes et plusieurs millions de téléspectateurs en Europe.

Eutelstat diffuse en outre treize chaînes d’information russes, notamment, au sein du groupe RT, la chaîne arabophone RT Arabic destinée à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Ainsi que BelRos (la chaîne de l’Union de la Russie et de la Biélorussie à l’orientation prorusse « impérialiste »), la chaîne militariste Zvezda des forces armées russes, laquelle pratique ouvertement la propagande et la désinformation, et plus de trente chaînes russes régionales."

En bon diplomate, M. Tkachenko n'attaque pas directement les autorités françaises, mais au contraire invite la France à prendre la tête d'un "Information Ramstein"  faisant ainsi référence à base aérienne américaine située en Allemagne, où s’est créé un groupe de contact pour coordonner les efforts des alliés dans la guerre en Ukraine. 

"Il est extrêmement important, écrit M. Tkachenko, d’organiser une rencontre des pays alliés de l’Ukraine dans un avenir très proche afin de définir nos principaux objectifs stratégiques, mais aussi d’élaborer des projets de contre-propagande, diverses mesures tactiques, les bases de la communication entre tous les participants et un mécanisme de coordination stable de nos efforts communs pour contrer la propagande du Kremlin.

 

Information Ramstein doit devenir une grande plate-forme servant à discuter des défis des temps de guerre et à mettre en place un front uni d’informations des pays alliés. Bien sûr, un tel processus, pour être stable et efficace, a besoin d’un leader, d’une locomotive."

"Information Ramstein" n'est peut-être pas le label le plus attractif, mais nous retrouvons dans le concept l'idée de la Task Force suggérée dans notre pétition dès le 5 avril.

 

M. Tkachenko avait détaillé son concept lors d'une réunion des ministres de la culture et des médias du G7 le 14 novembre. 

  • mettre en œuvre des mesures conjointes pour lutter contre la désinformation, notamment pour favoriser la coopération des agences d'information ;

  • introduire des sanctions contre les propagandistes russes qui diffusent de la propagande dans le monde ;

  • promouvoir la diffusion internationale des chaînes ukrainiennes, en particulier la chaîne de télévision « FREEDOM » ;

  • apporter un soutien immédiat à la protection et à la préservation des médias opérant en Ukraine ;

  • étendre les « sanctions culturelles » ;

  • assurer une coopération systémique au niveau gouvernemental;

  • développer une base de données numérique;

  • assurer une large coopération institutionnelle;

  • créer un fonds pour le soutien des médias ukrainiens.

 

Chacune de ces propositions mérite une discussion détaillée. La lutte contre la désinformation organisée par le régime russe, la reconstitution d'un univers médiatique échappant à une stratégie systématique de fausses informations et d'incitation aux propos guerriers et haineux est un projet à long terme. 

 

La proposition doit cependant être maniée avec précaution : une coordination européenne est aussi indispensable pour définir une stratégie permettant de recréer, une fois la guerre terminée, les conditions matérielles d'une libre circulation de l'information entre la Russie et le monde occidental - une libre circulation qui devrait nécessairement placer, sans complaisance, le public russe devant les crimes commis par le régime poutinien. Mais une telle coordination ne devrait pas être simple affaire de contre-propagande : les exigences d'indépendance des journalistes, le pluralisme des approches, la reconnaissance des voix russes qui se sont opposées à Poutine devra faire partie de la dynamique d'un tel projet. 

Un moment de vérité pour les autorités françaises

Cette tribune, publiée quelques heures avant que le Parlement européen n'adopte une résolution qualifiant la Fédération de Russie d'Etat soutenant le terrorisme témoigne de l'importance que le gouvernement ukrainien attache à ce que nous appelons l'"affaire Eutelsat". Il y aura demain neuf mois que l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine a commencé et aucune mesure, française ou européenne, n'a encore été prise pour mettre fin à cette collaboration honteuse et inacceptable. Le Comité Denis Diderot est satisfait de voir que les voix politiques se multiplient pour la dénoncer et que ses travaux sont utilisés comme référence. A partir du moment où l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et le Parlement européen reconnaissent le caractère terroriste de la manière dont la Russie mène la guerre, l'acceptation sur des satellites européens des chaînes de propagande qui ont souvent anticipé, proposé, louangé les attaques contre les civils et les infrastructures vitales devient vraiment intenable.

La tribune de Monsieur Tkachenko est aussi publiée deux jours après la publication (passée complètement sous silence par la presse française) de la lettre de trente-neuf parlementaires européens demandant des sanctions européennes pour mettre fin à la livraison de services aux chaînes russes de propagande par les opérateurs européens. On notera que parmi ces trente-neuf parlementaires, treize sont français, et vingt (notamment Nathalie Loiseau et Bernard Guetta) appartiennent au groupe Renew, auxquels sont affiliés les députés macronistes. La signature de Stéphane Séjourné, qui est à la fois le Président de Renew et le Secrétaire général de Renaissance manque cependant. Faut-il y voir une division au sein du camp présidentiel ?

On attend des autorités françaises qu'elles se montrent enfin à la hauteur de cette tâche.

M. Tkachenko dispose peut-être d'informations sur les intentions du Président Macron et du gouvernement de Madame Borne dont nous ne disposons et nous aimerions partager son optimisme. Force est cependant de constater qu'aucun signe positif n'est encore venu ni de l'Elysée, ni de Matignon, ni de Bercy, ni du Quai d'Orsay, ni de la Tour Mirabeau où siège l'autorité de régulation, l'Arcom.

Depuis le printemps, on a l'impression désagréable que le Président Macron protège les intérêts du bijou industriel que représente Eutelsat au détriment des intérêts de l'Ukraine mais aussi de la société civile russe. Le Président du Conseil d'administration d'Eutelsat Communications S.A., Monsieur Dominique d'Hinnin, et la Directrice générale d'Eutelsat S.A. portent une lourde responsabilité en ayant fermé les yeux sur les dérives illégales de leurs clients russes (en particulier le fait que ceux-ci comemrcialisent leurs services dans les territoires occupés de l'Ukraine et sur le fait que des propos criminels sont tenus quasi quotdiemment sur les principales chaînes) qui auraient été suffiusantes pour rompre les contrats. Mais au moins doit-on leur reconnaître d'avoir été constants dans leur logique de "neutralité" en  indiquant qu'il appartenait aux autorités de régulation et aux pouvoirs publics de prendre les décisions. 

Saisie officiellement le 8 septembre par Reporters sans frontières, l'autorité de régulation, l'Arcom, n'a pas bougé et RSF a dû déposer un recours devant le Conseil d'Etat, estimant que la réponse donnée par l'Arcom à sa saisine sur les chaînes Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV n'était pas satisfaisante dans sa lecture de la loi. SI l'Arcom estime que la loi ne lui permet pas d'agir devant une situation aussi grave (et compromettante pour l'image internationale de la France), pourquoi ne dit-elle pas haut et clair au légilsateur ? 

La nouvelle version de la proposition de résolution de la non-majorité présidentielle qui devrait être débattue à l'Assemblée nationale la semaine prochaine ne contient pas de référence à la question Eutelsat (pas plus d'ailleurs qu'à la question des autres entreprises françaises toujours présentes en Russie). Cette proposition, également faible sur la question de la déportation et de la russification des enfants ukrainiens, n'est pas amendable. Une députée du parti Renaissance du Président, Madame Anne Genetet a dû poser une question parlementaire écrite au Ministre Barrot, en charge de la politique de télécommunication, pour essyer d'obtenir une clarification. 

Demain aura lieu une réunion du Comité consultatif de l'EUTELSAT IGO, l'organisation intergouvernementale qui encadre les activités de la société commerciale. La France fait partie du Comité et l'Ukraine y assistera en tant qu'observateur. Cette réunion n'a aucun caractère décisionnel et les débats du Comité ne sont pas publics. Il est à espérer que l'Ukraine pourra y défendre son point de vue et que des jalons seront posés pour sortir enfin d'une situation intenable des points de vue éthique, diplomatique et stratégique. 

Il est grand temps que le Président Macron et le gouvernement de Madame Borne sortent de leur ambiguité au sujet de l'affaire Eutelsat. Cette ambiguité fragilise leur position. Ainsi quand le Président Macron évoque la propagande russse en Afrique, M. Andrus Ansip, député estonien, membre du même groupe Renew que Stéphane Séjouné, a beau jeu de rappeler que ce sont les satellites français Eutelsat qui diffusent RT Arabic vers l'Afrique du Nord.

 

En temps de guerre, le "en même temps" a fait son temps. 

André Lange
Coordinateur du Comité Denis Diderot

November 21, 2022 - 39 European parliamentarians send a letter to Josep Borrell demanding that the complete suspension of Russian television and radio propaganda broadcasts be included in the next sanctions package.

More here. 

21 novembre 2022 - 39 parlementaires européens adressent une lettre à Josep Borrell demandent que la suspension complète des émissions de télévision et de radio russes de propagande soit inclue dans le prochain paquet de sanctions.

Détails ici

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Mohammed Ali Al-Houthi Of The Yemeni-Houthi Leadership on Mayadeen TV (Lebanon), 14.3.2022 broadcast by French Eutelsat7 to North Africa and Middle East.

November 20, 2022 - The Denis Diderot Committee addresses the EUTELSAT IGO Advisory Committee regarding Eutelsat S.A.'s collaboration with the Russian war propaganda and genocide incitement apparatus and the policy of  the company with regard to channels from non-European countries. The Advisory Committee will have a meeting on November 24th.

The note proposes a radical change in the approach of non-European customers by Eutelsat S.A., which currently does not take care of human rights values. This is demonstrated not only by the continued collaboration with Russian pay-TV platforms and war propaganda and genocide incitement channels, but also, in particular, with the  channels of the Iranian State broadcaster IRIB, the Hezbollah channel and the Houthi channel. of Yemen, spreading anti-Semitic propaganda.

See details here.

20 novembre 2022 - Le Comité Denis Diderot s'adresse au Comité Consultatif de l'EUTELSAT IGO au sujet de la collaboration d'Eutelsat S.A. avec l'appareil russe de propagande de guerre et d'incitation au génocide et de la politique de l'entreprise à l'égard des chaînes des pays non-Européens.  La prochaine réunion du Comité consultatif aura lieu le 24 novembre. 

La note propose un changement radical dans l'approche des clients non européens par Eutelsat S.A., qui ne prend actuellement pas soin des valeurs des droits de l'homme. Cela est démontré non seulement par la poursuite de la collaboration avec les plateformes de télévision payante russes et les chaînes de propagande de guerre et d'incitation au génocide, mais aussi, notamment avec les chaînes du diffuseur d'Etat iranien IRIB, la chaîne du Hezbollah et la chaîne Houthi du Yémen, diffusant de la propagande antisémite.

Voir les détails ici.

November 18, 2022 - Presentation of the Eutelsat Affair at the Internet Without Borders Conference (Bagnolet, November 18-19, 2022)

The Internet Without Borders Conference brings together a hundred participants, Russians, Ukrainians, French to analyze the strategic importance of the Internet in the war in Ukraine, to examine the technical possibilities of circumventing the Internet censorship mechanisms established by the Russian authorities , analyze the mechanisms of propaganda.

 

André Lange presented the Eutelsat affair as well as the action of the Denis Diderot Committee and the Stop Bloodcatsing Coalition.

18 novembre 2022 - Présentation de l'Affaire Eutelsat à la Conférence Internet sans frontières (Bagnolet, 18-19 novembre 2022)

La Conférence Internet sans frontières réunit une centaine de participants, russes, ukrainiens, français pour analyser l'importance stratégique d'Internet dans la guerre en Ukraine, examiner les possibilités techniques de contournement des mécanismes de censure de l'Internet établis par les autorités russes, analyser les mécanismes de propagande.

 

André Lange a présenté l'affaire Eutelsat ainsi que l'action du Comité Denis Diderot et de la Coordination Stop Bloodcatsing.

Anne Genetet

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10 November 2022 - Putin's shadow hangs over Eutelsat's General Meeting of Shareholders

On November 10, the Annual General Meeting of Shareholders of Eutelsat Communications S.A. took place in Issy-les-Moilineaux, in the Paris region.

On this occasion, the Stop Bloodcasting Coalition made a point of questioning the managers and the shareholders about the continuation of the company's collaboration with the Russian apparatus of war propaganda and incitement to genocide.

A gathering of organizations took place in front of the Accor Tower where the meeting was held. André Lange, Coordinator of the Denis Diderot Committee, had bought some symbolic shares to be able to ask a written question and an oral question to the management.

As was foreseeable, the management responded by invoking the formal argument of its neutrality on the contents, which appears really weak when one considers the importance of the long-term collaboration with the Russian partners in the definition of infrastructure. It did not respond in detail to questions relating to partnership agreements with Russian companies and above all did not respond to the illegal distribution of services by its two clients in the occupied territories of Ukraine.

You will find here a detailed verbatim, an analysis of the remarks made during this meeting and the consequences for the evolution of the file.

10 novembre 2022 - L'ombre de Poutine a plané sur l'Assemblée générale d'Eutelsat

 

Le 10 novembre avait lieu à Issy-les-Moilineaux, en région parisienne, l'Assemblée générale annuelle des actionnaires d'Eutelsat Communications S.A.  

 

A cette occasion la Coordination Stop Bloodcasting a tenu à interpeller les dirigeants et la actionnaires au sujet de la continuation de la collaboration de l'entreprise avec l'appareil russe de propagande de guerre et d'incitation au génocide.  Un rassemblement des organisations a eu lieu devant la Tour Accor où se tenait l'assemblée. André Lange, Coordinateur du Comité Denis Diderot, avait acheté quelques actions symboliques pour pouvoir poser une question écrite et une question orale à la direction.

 

Comme c'était prévisible, la Direction a répondu en invoquant l'argument formel de sa neutralité, sur les contenus, qui apparaît vraiment faible lorsque l'on considère l'importance de la collaboration à long terme avec les partenaires russes dans la définition d'infrastructures. Elle n'a pas répondu de manière détaillée sur les questions relatives aux accords de partenariats avec les entreprises russes et surtout n'a pas répondu sur la distribution illégale par ses deux clients des services dans les territoires occupés de l'Ukraine.  

 

On trouvera ici un verbatim détaillé, une analyse des propos tenus durant cette assemblée et les conséquences pour l'évolution du dossier. 

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15 NOVEMBRE 2022 -  Contribution d'Eutelsat S.A. à la propagande russe

 

La Députée Madame Anne Genetet (Renaissance) - Français établis hors de France) a adressé une question parlementaire écrite à Monsieur Jean-Noël Barrot, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de la transition numérique et des télécommunications.

Après avoir rappelé les principales données du dossier, Madame Genetet pose diverses questions importantes sur

  • les procédures d'identification des chaînes diffusées par les saltellites relevant de la juridiction de l'Arcom,

  • sur les éventuelles initiatives prises par la France auprès de la Commission européenne,

  • sur les éventuelles initiatives auprès de l'EUTELSAT IGO en vue de demander la réunion d'une Assemblée générale extraordinaire afin de prendre les mesures nécessaires pour que cesse la diffusion de chaînes russes d'incitation à la haine, à la violence et au génocide sur l'ensemble des capacités satellitaires d'Eutelsat S.A., y compris celles en leasing sur les satellites russes ?  

  • quelles mesures la France compte-t-elle mettre en place pour protéger son espace médiatique et informationnel contre les entreprises de désinformation émanant d'entités étrangères ?

On trouvera le texte complet de la question ici.

Le Comité Denis Diderot et la Coordination Stop Bloodcasting! remercient Madame Genetet pour cette interpellation, qui devrait permettre d'y voir plus clair sur le traitement du dossier par le gouvernement.  Les réponses apportées fin juillet par le Chef de Cabinet de Monsieur Bruno Le Maire, Ministre de l'Economie, des Finances, de la Souverainté industrielle et numérique n'indiquaient pas d'initiatives significatives. 

 

NOVEMBER 15, 2022 - Contribution of Eutelsat S.A. to Russian propaganda

 

The French Deputy Mrs. Anne Genetet (Renaissance - representing the French living outside France) addressed a written parliamentary question to Mr. Jean-Noël Barrot, Minister Delegate to the Minister of Economy, Finance and Industrial and Digital Sovereignty, responsible for the digital transition and telecommunications.

After recalling the main data in the file, Mrs Genetet asks various important questions about

  • the procedures for identifying channels broadcast by Eutelsat satellites falling under the jurisdiction of Arcom,

  • on any initiatives taken by France with the European Commission realted to the file

  • on possible initiatives with EUTELSAT IGO to request the meeting of an Extraordinary General Assembly to take the necessary measures to stop the broadcasting of Russian channels of incitement to hatred, violence and genocide on all satellite capacities of Eutelsat S.A., including those leased on Russian satellites?

  • what measures does France intend to put in place to protect its media and information space against disinformation companies from foreign entities?

The full text of the question can be found here.

The Denis Diderot Committee and the Stop Bloodcasting Coordination! thank Mrs Genetet for this interpellation, which should make it possible to see more clearly on the treatment of the file by the government. The responses provided at the end of July by the Chief of Staff of Mr. Bruno Le Maire, Minister of the Economy, Finance, Industrial and Digital Sovereignty did not indicate any significant initiatives.

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NOVEMBER, 5  2022 - Ukrainian Nobel Prize for Peace  2022 joins our action ! 

 

The Denis Diderot Committee and Coordination Stop Bloodcasting! are very honored by the support of the Centre for Civil Liberties, Ukraine, Nobel Prize for Peace 2022, to the proposal to the European Parliament for a Resolution calling for a ban on the delivery of satellite services to the Russian TV and radio propaganda channels by the French company Eutelsat S.A. and the Luxembourg company.

Thank you to Oleksandra Matviichuk and her team ! 

We welcome also in the Coordination Stop Bloodcasting! other new partners : 

The Coordination Stop Bloodcasting! now count 13 partners and has voication  to welcome many more. 

5 NOVEMBRE 2022 - Le Prix Nobel ukrainien de la paix 2022 se joint à notre action !

Le Comité Denis Diderot et la Coordination Stop Bloodcasting ! sont très honorés du soutien du Centre for Civil Liberties, Ukraine, Prix Nobel de la paix 2022, à la proposition au Parlement européen d'une résolution demandant l'interdiction de la fourniture de services satellitaires aux chaînes de télévision et de radio de propagande russes par la société française Eutelsat S.A. et la société luxembourgeoise SES.

Merci à Oleksandra Matviichuk et son équipe !

Nous accueillons également dans la Coordination d'autres nouveaux partenaires :

  • Democratic Movement for Freedom in Russia,  Organisation enregistrée en Autriche qui défend les droits de l'homme et les libertés et informe le public autrichien des menaces du régime russe

  • EU DisinfoLab, organisation indépendante à but non lucratif, établie à Bruxelles, qui se concentre sur la lutte contre les campagnes de désinformation sophistiquées ciblant l'UE, ses États membres, ses principales institutions et ses valeurs fondamentales.

  • Media Resistance Group - initiative dont le but est de briser le blocus idéologique en Russie et d'informer la majorité des habitants de la Fédération de Russie de ce qui se passe réellement dans leur dos.

  • Russian Solidarity in Belgium, un groupe qui organise des manifestations et d'autres activités en Belgique liées au mouvement anti-guerre russe, et généralement pour soutenir la transition démocratique, les prisonniers politiques

La Coordination Stop Bloodcasting! compte à présent 13 partenaires et a vocation à en accueillir de nombreux autres. 

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November 5, 2022. "Eutelsat, out of Russia!".

 

In Paris, the Denis Diderot Committee was present at the Solidarity March with Ukraine, along with friends from the Union des Ukrainiens de France and the association Pour l'Ukraine, leur liberté et la nôtre. Among the slogans that sprang up on Boulevard Beaumarchais was "Stop Bloodcasting! Eutelsat, out of Russia! No Russian propaganda on French satellites!". Place de la Bastille, André Lange presented the Eutelsat Affair and called for a rally to be held on Thursday, November 10, 1 p.m., in front of the Accor Sequana Tower, 82 Rue Henri Farman, on the occasion of the General Assembly of Eutelsat Communications S.A.

5 Novembre 2022. "Eutelsat, hors de Russie !".

A Paris, le Comité Denis Diderot était présent à la Marche de solidarité avec l'Ukraine, en compagnie des amis de l'Union  des Ukrainiens de France et l'association Pour l'Ukraine, leur liberté et la nôtre. Parmi les slogans qui ont  jailli Boulevard Beaumarchais était "Stop Bloodcasting ! Eutelsat, hors de Russie ! Pas de propagande russe sur les satellites français !". Place de la Bastille, André Lange a présenté l'Affaire Eutelsat et a appelé au rassemblement qui doit se tenir le jeudi 10 novembre, 13 heures, devant la Tour Accor Sequana, 82 Rue Henri Farman, à l'occasion de l'Assemblée générale d'Eutelsat Communications S.A. 

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NOVEMBER 2, 2022 - Stop Bloodcasting Coordination! send a letter to the Group Presidents of the European Parliament

The Stop Bloodcasting! Coordination, which now brings together nine organisations, has just sent the Presidents of the political groups of the European Parliament a proposal for a Resolution calling for a ban on the provision of services by European satellite operators to media services audiovisual and radio stations linked to the authorities of the Russian Federation. 

This mainly concerns the French company Eutelsat S.A. which distributes Russian propaganda channels in Russia itself, in the occupied and annexed territories of Ukraine, in North Africa, the Middle East, South Africa, Armenia and Kyrgyzstan. RT Arabic and Soyuz, channel of the Russian Orthodox Church, are still distributed to Europe.

The Luxembourg company SES is also concerned, but to a lesser extent: it broadcasts RT News in South Africa and India.

 

The proposal also indicates the need for the eventual development of regulations for television services using European capacities to reach countries outside the European Union, a situation which is not covered by the Audiovisual Media Services Directive.

The text also calls for the establishment of a European Task Force, bringing together the various professional stakeholders, with a view to studying the possibilities of restoring a free flow of information between the European Union and the Russian Federation.

The letter to Group Presidents is accompanied by a brief summary describing the services provided by Eutelsat S.A. and SES to Russian television and radio channels.

 

2 NOVEMBRE 2022 - La Coordination Stop Bloodcasting ! écrit aux Présidents de groupes du Parlement européen

La Coordination Stop Bloodcasting!, qui réunit à présent neuf organisation, vient d'adresser aux Présidents et Présidentes des groupes politiques du Parlement européen une proposition de résolution demandant l'interdiction de la livraison de services par les opérateurs de satellites européens aux services de médias audiovisuels et aux radios liées aux autorités de la Fédération de Russie.

Cela concerne essentiellement la société française Eutelsat S.A. qui distribue des chaînes russes de propagande en Russie même, dans les territoires occupés et annexés d'Ukraine, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Afrique du Sud, en Arménie et au Kirghizistan. RT Arabic et Soyuz, chaîne de l'Eglise orthodoxe russe, sont encore distribuées vers l'Europe.

La société luxembourgeoise SES est également concernée, mais dans une moindre mesure : elle diffuse RT News en Afrique du Sud et en Inde. 

 

La proposition indique également la nécessité de l'élaboration, à terme, d'une réglementation pour les services de télévision utilisant les capacités européennes pour s'adresser à des pays tiers à l'Union européenne, situation qui n'est pas couverte par la Directive sur les services de médias audiovisuels.

Le texte demande également l'instauration d'une Task Force européenne, réunissant les différents acteurs professionnels, en vue d'étudier les possibilités de rétablir une libre circulation des informations entre l'Union européenne et la Fédération de Russie. 

La lettre aux Présidents de groupe est accompagnée d'une brève note de synthèse décrivant les services rendus par Eutelsat S.A. et SES aux chaînes de télévision et de radio russes. 

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30 OCTOBRE 2022 

Une centaine de Russes, Ukrainiens, Français et autres européens se sont réunis aujourd’hui place de la Bastille, réunis à l'invitation de Russie-Libertés pour manifester contre la guerre en Ukraine,  contre le régime criminel de Poutine; pour la victoire de l'Ukraine et la paix en Europe.

#PourvotreLiberteetPourlaNotre #russiansagainstwar

André Lange, coordinateur du Comité Denis Diderot, a présenté l'"affaire Eutelsat". 

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OCTOBER 26, 2022 - According to the National Council for Television and Radio Broadcasting of Ukraine, Russian TV channels "Russia 24", "RTR Planet" and "Pervy" should be recognized as terrorist organizations

Due to the systematic and consistent justification, public support and incitement on the air of the Russian TV channels "Rossiya 24", "RTR Planet" and "Pervy" for the commission of terrorist acts by the Russian Federation, these "media" should be recognized as terrorist organizations in accordance with Ukrainian legislation. The National Council expressed its position in letters to law enforcement agencies based on the monitoring of the programs of these Russian channels regarding the terrorist attacks committed by the Russian Federation in Vinnytsia, Olenivka, and Chaplin.

Translation of the full release (Google Translate)

26 OCTOBRE 2022 - Conseil national de la Télévision et de la Radio d'Ukraine "Les chaînes de télévision russes "Russia 24", "RTR Planet" et "Pervy" devraient être reconnues comme des organisations terroristes"

En raison de la justification systématique et cohérente, du soutien public et de l'incitation sur les ondes des chaînes de télévision russes "Rossiya 24", "RTR Planet" et "Pervy" à la commission d'actes terroristes par la Fédération de Russie, ces "médias" devraient être reconnus comme des organisations terroristes conformément à la législation ukrainienne. Le Conseil national a exprimé sa position dans des lettres aux forces de l'ordre sur la base de la surveillance des programmes de ces chaînes russes concernant les attentats terroristes commis par la Fédération de Russie à Vinnytsia, Olenivka et Chaplin.

 

Traduction du communiqué complet par Google

28 OCTOBRE 2022 - M. Andrus Ansip, ancien Vice-Président de la Commission européennne n'est pas satsifait de la réponse donnée par Madame Eva Berneke, Directrice générale d'Eutelsat

Le 18 octobre dernier, M. Ansip avait adressé une lettre sévère à Madame Berneke.  Celle-ci lui a répondu le 20 octobre, dans par lettre qui reprend l'argument classique, et de moins en moins convaincant, de l'obligation de neutralité d'Eutelsat. La lettre contenait diverses approximations et occultations.  M. Ansip lui répond avec une lettre du 26 octobre (publiée aujourd'hui par Politico) encore plus sévère qui se termine par "L'inaction vous fait percevoir, aux yeux des gens que je représente, comme un partenaire des crimes de guerre."

OCTOBER 28, 2022 - Mr. Andrus Ansip, former Vice-President of the European Commission is not satisfied with the answer given by Ms. Eva Berneke, CEO of Eutelsat

On October 18, Mr Ansip sent a stern letter to Mrs Berneke. The latter replied to him on October 20, in a letter which takes up the classic argument, and less and less convincing, of the obligation of neutrality of Eutelsat. The letter contained various approximations and concealments. Mr. Ansip responds with an even more stern October 26 letter (published today by Politico) that ends with "Inaction makes you see yourself, in the eyes of the people I represent, as a partner in war crimes ."

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MEP Raphaël Glucksmann, chairing the meeting of the ING2 Committee of the European PArliament (Brussels, 27.10.2022)

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Interview of  Morten Løkkegaard, Borsen, 27.10.2022

27 OCTOBER 2022 - Two other members of the European Parliament take a stand against Eutelsat's collaboration with Russian propaganda channels

Raphaël Gluckmann, President of the INGE2 Commission of the European Parliament (France, S&D Group), and Morten Løkkegaard, Vice-President of the same Commission (Denmark, Renew Europe Group) took a stand today in the Eutelsat affair.

The Denis Diderot Committee received the following message from Raphaël Glucksmann's parliamentary assistant: "We thank you for your message and your commitment to this file. I would like to assure you of Mr. Glucksmann's full support. As President of the special committee on foreign interference in the democratic processes of the Union, including disinformation, he has already raised this issue on several occasions and is in contact with the competent national and European authorities so that a solution can be found in the as fast as we can."

Morten Løkkegaard gave an interview to the Danish financial newspaper Börsen, in which he strongly criticized the position of "neutrality" of Mrs. Eva Berneke, CEO of Eutelsat S.A. He believes that Eva Berneke and Eutelsat "should get their house in order". “It is high time. I actually think that the clock is almost past 12 in this matter," he says to Børsen. Another argument in the debate is that one must be particularly careful when it comes to the media and freedom of expression. When several Russian state media were closed in the EU in the spring, Løkkegaard was skeptical, he says. "The war in Ukraine and the atrocities of the Russians put us in a long series of dilemmas, also regarding the Russian media," he says and elaborates: "I was critical to begin with. But I just have to say that when you sit on such a committee, where I have now sat for a year, you see and hear many things - and at some point you have to make up with yourself, how naive you are allowed to be."

The ING2 Commission (Special Commission on foreign interference in all democratic processes in the European Union, including disinformation) met on October 27 in Brussels under the chairmanship of Raphaël Glucksmann. The video of the meeting is available below. I particularly recommend the presentation of Jakub Kalensky, of the Hybrid CoE (14'45'51)

27 OCTOBRE 2022 - Deux autres membres du Parlement européen prennent position contre la collaboration d'Eutelsat avec les chaînes russes de propagande

Raphaël Gluckmann, Président de la Commission INGE2 du Parlement européen (France, Groupe S&D), et Morten Løkkegaard, Vice-Président de la même Commission (Danemark, Groupe Renew Europe) ont pris aujourd'hui position dans l'affaire Eutelsat. 

Le Comité Denis Diderot a reçu de l'assistante parlementaire de Raphaël Glucksmann le message suivant : "Nous vous remercions pour votre message et votre engagement dans ce dossier. Je tiens à vous assurer du plein soutien de Monsieur Glucksmann. En tant que Président de la commission spéciale sur les ingérences étrangères dans les processus démocratiques de l'Union, y compris la désinformation, il a déjà soulevé cette problématique à plusieurs reprises et est en contact au niveau des autorités nationales et européennes compétentes pour qu'une solution soit trouvée dans les meilleurs délais."

Morten Løkkegaard a quant à lui donné une interview au journal financier danois Börsen, dans laquelle il critique fermement la position de "neutralité" de Madame Eva Berneke, Directrice générale d'Eutelsat S.A. Il estime qu'Eva Berneke et Eutelsat "devraient mettre de l'ordre dans leur maison". "Il est grand temps. Je pense en fait qu'il est presque 12 heures passées dans cette affaire", dit-il à Børsen. Un autre argument dans le débat est qu'il faut être particulièrement prudent en ce qui concerne les médias et la liberté d'expression. Lorsque plusieurs médias d'État russes ont été fermés dans l'UE au printemps, Løkkegaard était sceptique : "La guerre en Ukraine et les atrocités des Russes nous ont placés dans une longue série de dilemmes, également en ce qui concerne les médias russes", dit-il et précise : "J'étais critique au départ. Mais je dois juste dire que lorsque vous siègez dans un tel comité, où je siège maintenant depuis un an, vous voyez et entendez beaucoup de choses - et à un moment donné, vous devez vous réconcilier avec vous-même, à quel point vous êtes autorisé à être naïf ."

La Commission INGE2 (Commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation) s'est réunie ce 27 octobre à Bruxelles sous la présidence de Raphaël Glucksmann. La vidéo de la réunion est disponible ci-dessous. Je recommande en particulier la présentation de Jakub Kalensky, du Hybrid CoE (14'45'51)

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Vera Jourova (Photto : European Commission)

25 OCTOBER 2022 - Mrs Jourova, Vice-President of the European Commission and two Members of the European Parliament plead for the end of the collaboration of Eutelsat and SES with Russian propaganda channels outside Europe.

On October 25 and 26, the EU DesinfoLab 2022 Conference took place in Brussels, an event that brought together around 200 specialists in the analysis of various forms of disinformation. Many communications, rich in analysis, but essentially focused on the role of the Internet.

 

Christophe Deloire, Secretary General of Reporters Without Borders, was one of the few to mention the role of the French company Eutelsat in the dissemination of Russian propaganda, in Russia itself.

Mrs. Vera Jourova, Vice-President of the European Commission, in charge of respect for European Union values ​​and transparency, intervened during the Conference. She asserted that Europe must curb the activity of the Kremlin's weapons of mass deception. "Our European response to disinformation is carefully tailored, nuanced and democratic." She referred to the global dimension of Russian propaganda and underlined that the time for neutrality is over: it is not a war between Russia and Ukraine, but a war between authoritarianism and democracy.

André Lange, coordinator of the Denis Diderot Committee and the Stop Bloodcasting Coordination! asked Mrs. Jourova about the collaboration of European satellite operators Eutelsat and SES, which continue to distribute Russian propaganda channels in Russia, occupied territories of Ukraine, Armenia, Kyrgistan, North Africa, Middle East, South Africa for Eutelsat, India and South Africa for SES.

Mrs. Jourova replied very clearly that she considered this collaboration as shameful and unacceptable. The Commission services are working on the matter. Commissioner Thierry Breton is in charge of the dossier and recently received the Director General of Eutelsat. Mrs. Jourova, however, admitted that the solution was not easy and that she could not promise anything.

The Denis Diderot Committee and the Stop Bloodcasting Coordination! welcome this statement and thank Mrs Jourova. It has been seven months since the alert was launched and this is the first time that a Member of the European Commission has taken a public position on the matter. They note, however, that Mr. Breton's meeting with Ms. Berneke, General Manager of Eutelsat, dates back to September 1 and that nothing has changed since. It is also somewhat paradoxical that it is the Commissioner in charge of the Internal Market who is dealing with a file which in fact affects external markets, foreign affairs and respect for international conventions on fundamental rights.

That same day, two MEPs, Mr. Andrus Ansip (Estonia, Renew group) and Mrs. Nathalie Loiseau (France, President of the Security and Defense Sub-Commission) assured the Denis Diderot committee and the Coordination Stop Bloodcating! that they would support in the European Parliament and the European Commission the proposal to ban the supply of satellite services to television and audiovisual services linked to the Russian authorities. Madame Loiseau proposes that these sanctions be included in the next package of sanctions.

25 OCTOBRE 2022 - Madame Jourova, Vice-Présidente de la Commission européenne et deux membres du Parlement européen plaident pour la fin de la collaboration d'Eutelsat et de SES avec les chaînes russes de propagande en dehors de l'Europe.

Les 25 et 26 octobre a eu lieu à Bruxelles la EU DesinfoLab 2022 Conference, un événement qui a réuni environ 200 spécialistes de l'analyse des diverses formes de désinformation. De nombreuses communications, riches en analyse, mais essentiellement focalisées sur le rôle d'Internet.

 

Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières, a été un des rares à évoquer le rôle de la société française Eutelsat dans la diffusion de la propagande russe, en Russie même. 

Madame Vera Jourova, Vice-Présidente de la Commission européenne, chargée du respect des valeurs de l'Union européenne et de la transparence, est intervenue durant la Conférence. Elle a affirmé que l'Europe doit freiner l'activité des armes de tromperie massive du Kremlin. "Notre réponse européenne à la désinformation est soigneusement adaptée, nuancée et démocratique." Elle a évoqué la dimension mondiale de la propagande russe et souligné que le temps de la neutralité est dépassé : il ne s'agit pas d'une guerre entre la Russie et l'Ukraine, mais d'une guerre entre l'autoritarisme et la démocratie. 

André Lange, coordinateur du Comité Denis Diderot et de la Coordination Stop Bloodcasting! a interrogé Madame Jourova sur la collaboration des opérateurs de satellites européens Eutelsat et SES, qui continuent à distribuer les chaînes de propagande russe en Russie, territoires occupés de l'Ukraine, Arménie, Kyrgistan, Afrique du Nord, Moyen-Orient, Afrique du Sud pour Eutelsat, Inde et Afrique du Sud pour SES. 

Madame Jourova a répondu très clairement qu'elle considérait cette collaboration comme honteuse et inacepptable. Les services de la Commission travaillent sur la question. Le Commissaire Thierry Breton est en charge du dossier et à reçu récemment la Directrice générale d'Eutelsat. Madame Jourova a cependant reconnu que la solution n'était pas facile et qu'elle ne pouvait rien promettre.

Le Comité Denis Diderot et la Coordination Stop Bloodcasting! se réjouissent de cette déclaration et remercient Madame Jourova. Il y a sept mois que l'alerte a été lancée et c'est la première fois qu'un Membre de la Commission européenne prend une position publique sur la question. Ils notent cependant que la rencontre de M. Breton avec Madame Berneke, Directrice générale d'Eutelsat, remonte au 1er septembre et que rien n'a changé depuis. Il est par ailleurs un peu paradoxal que ce soit le Commissaire en charge du Marché intérieur qui s'occupe d'un dossier qui touche en fait aux marchés extérieurs, aux affaires étrangères et au respect des conventions internationales sur les droits fondamentaux. 

Ce même jour, deux députés européens, M. Andrus Ansip (Estonie, groupe Renew) et Madame Nathalie Loiseau (France, Présidente de la Sous Comission Sécurité et Défense) ont assuré le comité Denis Diderot et la Coordination Stop Bloodcating! qu'ils soutiendraient au Parlement européen et auprès de la Commission européenne la proposition d'interdiction de livraisons de services satellitaires aux télévisions et services audiovisuels liés aux autorités russes. Madame Loiseau propose que ces sanctions soient inscrites dans le prochain paquet de sanctions. 

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Christophe Deloire (Photo : André Lange)

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Brussels Playblook from Politico, 25.10.2022

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25 OCTOBER 2022

 

Stratcom, the Centre for Strategic Communication and Information Security under the Ministry of Culture and Information Policy of Ukraine posts a thread on Twitter explaining Eutelsat's role in broadcasting the Russian propaganda in Russia itself. It uses the slogan and visuals of our Coordination Eutelsat Stop Bloodcasting campaign!

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25 OCTOBRE 2022 

Stratcom, le Centre pour la communication stratégique et la sécurité de l'information sous le Ministère de la culture et de la politique de l'information de l'Ukraine, publie un fil sur Twitter expliquant le rôle d'Eutelsat dans la diffusion de la propagande russe en Russie même. Il reprend le slogan et les visuels de notre cmapagne Coordination Eutelsat Stop Bloodcasting ! 

21 OCTOBER 2022 - The first point of the conclusions of the European Council mention disinformation

"The European Council is determined to counter disinformation aimed at negating our collective efforts to defend the sovereignty of Ukraine and the rules-based international order".

On this occasion, during a debate on BFM TV, the historian Antoine Arjakovsky evokes the collaboration of Eutelsat, French company, which provides Russian propaganda channels in Russia itself. It is, to our knowledge, that this scandal is mentioned on a French television channel, at prime time. It is not clear, however, that the mention of disinformation in the Council's text is aimed at Eutelsat's collaboration. And anyway disinformation is a too weak concept to describe the regular infringement to fundamental rights in Russian political talk shows.

21 OCTOBRE 2022 - Le premier point des conclusions du Conseil européen évoque la désinformation

"Le Conseil Européen est déterminé à contrer la désinformation destinée à anihiler nos efforts collectifs pour défendre la souveraineté de l'Ukraine et l'ordre international basé sur le droit".

A cette occasion, lors d'un